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Depuis le succès de Les dents de la mer en 1975, le public et les producteurs ont pris goût aux bains de sang. Roger Corman tire son épingle du jeu en produisant en 1978, Piranhas réalisé par Joe Dante. Corman est connu pour ses productions à bas prix et son aptitude à découvrir de futurs talents tels que : Francis Ford Coppola, Joe Dante, Jack Nicholson ou encore Martin Scorsese.
James Cameron fait partie de ces jeunes surdoués prometteurs. Le futur réalisateur brille à tous les postes : décors, photo, effet pratique, matte painting. Lorsque Ovidio G. Assonitis, un producteur italien cherche un réalisateur pour sa nouvelle production, il pense à Cameron après avoir découvert son travail sur Les Mercenaires de l’espace.


Le début de la légende
Bien que Les Tueurs volants soient présentés comme une suite à Piranhas, le film ne fait jamais référence à l’œuvre de Joe Dante. Cela s’explique tout simplement parce que Roger Corman ne souhaitait pas produire de suite. Les droits ont été récupérés par le producteur italien Ovidio G Assonitis. À cette époque, il est en affaires avec la Warner et doit financer une dernière œuvre pour honorer un contrat. Le problème pour Assonitis : le film doit être réalisé par un Américain pour débloquer les fonds.
Le producteur cherche donc un réalisateur débutant et après avoir renvoyé Miller Drake il engage James Cameron pensant le manipuler, une erreur. ! Connu pour être difficile sur les tournages, Cameron se retrouve en Jamaïque entouré d’une équipe italienne ne parlant pas anglais. Fidèle à sa réputation, il réécrit le scénario, storyboarde le film et prend en main la photo et les effets spéciaux. D’après la légende, Assonitis renvoie Cameron au bout de 5 jours et reprend le métrage en main. Il modifie encore le scénario pour ajouter beaucoup de scènes de nudité. Cameron, lié par son contrat, reste sur le tournage pour s’occuper de la photo.
Plus tard, pendant que la post-production se déroule à Rome, il utilise ses économies pour s’y rendre et s’introduire par effraction pour modifier le montage. Il se fait surprendre par le producteur et pendant longtemps le director’s cut reste une rumeur. Le point intéressant de cette aventure tient dans un rêve. Cameron déprimé et malade, rêve d’un squelette de métal qui l’attaque. À défaut d’avoir rencontré le succès, Cameron trouve sa plus grande inspiration : Terminator. En revanche, il développe aussi son côté maniaque du contrôle, traumatisé par ce tournage.


Pas de budget, mais de la nudité
Ce qui marque à la vision du film, c’est l’utilisation de la nudité. L’introduction est assez frappante, un couple plonge de nuit pour visiter une épave. Émus par les fonds marins, ils commencent à faire l’amour. Le montage alterne les gros plans de poitrines et les vues subjectives représentant les piranhas. Le spectateur est placé dans le rôle du prédateur, mais aussi dans celui du pervers qui fond sur sa victime. Les plans très courts entre la victime terrifiée, le sang et les poissons permettent de rendre l’attaque violente dans un style sulfureux rappelant le Giallo. Ce stratagème tente également de cacher les faiblesses de l’intrigue et le manque de budget.
Le reste de l’œuvre utilise le même procédé, lorsque l’intrigue plagiant Les Dents de la mer se traîne, Assonitis trouve un prétexte pour mettre un personnage féminin nu. Le réalisateur propose d’ailleurs un point de vue plus que dérangeant sur la femme. Ces protagonistes sont présentés comme manipulatrices et ne pensent qu’au sexe. Le seul personnage féminin développé, Anne Kimbrough (Tricia O’Neil), la professeure de plongée, n’est qu’une copie du personnage de Hooper du film de Spielberg.
Ces scènes n’apportent rien et desservent le film, car elles privent le spectateur de ce qu’il souhaite voir : Les Tueurs volants


Les poissons volants
Le point fort de ce long métrage, ce sont ses stars les Piranhas. La bonne idée tient dans le fait de proposer des poissons modifiés génétiquement capables de vivre dans l’eau salée et de voler. Cet ajout permet des scènes de mort plutôt efficaces, à l’image de la séquence se déroulant à la morgue. Le poisson surgit d’un cadavre pour se jeter sur une infirmière avant de s’enfuir en transperçant une fenêtre. La surprise fonctionne plutôt bien, la scène est nerveuse, gore et plutôt drôle. Il faut également signaler le massacre sur la plage, véritable bain de sang. En effet, les créatures bondissent de partout au point qu’il est parfois dur de comprendre ce qui se passe à l’image. La scène n’est pas sans rappeler ce que fera des années plus tard Alexandre Aja dans son remake.
La menace est intéressante et aurait pu être beaucoup plus angoissante. Leurs tailles ainsi que la capacité de voler permettent aux Piranhas d’apparaître n’importe où et à tout moment. Les Tueurs volants avait des arguments pour être un bon divertissement, mais il ne quitte pas la case du nanar, il reste drôle mais terriblement mauvais.
TEST DU BLU-RAY/DVD
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Piranha 2 : Les Tueurs volants, est proposé dans sa version cinéma et dans le fameux montage de James Cameron. Il est accompagné d'un entretien avec Olivier Desrues. Le long métrage est disponible en version française et originale. Les + : La possibilité de découvrir le montage de James Cameron Les - : => Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
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Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons :
=> Le Piranha original de Joe Dante
=> Toujours plus de poissons avec des dents : L’attaque des piranhas
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Article rédigé par Faye Fanel
Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.











