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Tandis que le slasher s’épanouit sur les écrans, Rêves sanglants propose quant à lui un retour aux tueurs psychotiques mais cette fois-ci avec un twist, ce sont les rêves qui constituent une menace.


Après une tentative de suicide dans un lac, un jeune homme amnésique est amené dans un centre psychiatrique. Le docteur Gail Farmer est chargée de le soigner. Intriguée par le jeune homme, elle y met tout son coeur, mais rapidement, elle se pose des questions à son sujet. Une suite d’incidents des plus curieux l’amène à penser qu’il parvient à projeter ses cauchemars dans la réalité, qu’il les partage avec les autres patients, donnant lieu à des crises parfois violentes.
Rêves sanglants, aussi nommé The Sender en version originale, est un film assez particulier. S’il joue avec les codes du film d’horreur (l’hôpital psychiatrique, le personnage inquiétant, les phénomènes inexplicables), il s’en éloigne également. Car les séquences de mise à mort sont en réalité des rêves ou plutôt des cauchemars. Une prise de risque car le principe du « ce n’était qu’un rêve » peut être décevant pour le spectateur. Cependant, le film joue sur plusieurs plans pour susciter l’intérêt de ce dernier. Il y a tout d’abord le lien presque amoureux entre la psychiatre et son patient, bien sûr la nature étrange de ses capacités, et enfin, le mystère entourant son passé, notamment avec sa mère.


Adoptant le style narratif du thriller, Rêves sanglants est dans la veine d’un Carrie au bal du diable adapté au cinéma par Brian de Palma ou d’un Prémonitions de Neil Jordan, lui aussi une adaptation d’un roman éponyme de Bari Wood, où l’élément fantastique vient participer à l’atmosphère et à rendre l’intrigue d’autant plus oppressante. À cela s’ajoute l’hôpital psychiatrique, une valeur sûre dans le cinéma de genre. On peut penser à Vol au-dessus d’un nid de coucou quand le psychiatre en chef propose sans même qu’un diagnostic soit posé de faire des électrochocs, comme on proposerait une balade en vélo. Rêves sanglants a d’ailleurs une scène particulièrement impressionnante avec ce traitement de choc.
Parallèlement aux sujets relativement graves abordés, le long métrage adopte la plupart du temps une image douce, pour ne pas dire lumineuse. La toute première image nous montre un paysage d’automne, avec une forêt aux couleurs orangées, puis on voit apparaître notre mystérieux rêveur qui va ensuite marcher comme s’il dormait debout jusqu’à un lac. En chemin, il ramasse des pierres pour les fourrer dans ses poches, le tout sous un beau soleil, dans une atmosphère de camp d’été digne d’un Vendredi 13. La veste de footballeur américain qu’il porte augmente également cette image d’un rêve américain, presque parfait.


D’autres séquences sont mémorables, comme celle des électrochocs ou encore de l’opération, qui toutes deux ont demandé une bonne synchronisation des comédiens mais aussi des effets spéciaux pour un rendu aussi réussi. Pourtant, Roger Christian n’en est qu’au tout début de sa carrière de réalisateur. Il a d’abord été décorateur et directeur artistique sur La Guerre des étoiles et Alien le 8e passager. Or, proposer un long métrage à mi-chemin entre différents genres : le psycho killer, le thriller, l’horreur et le fantastique était d’autant plus une prise de risque que ce qui l’intéressait était de montrer l’action du subconscient en s’inspirant de la mise en scène de Andrei Tarkovsky.
Ceci explique le financement compliqué. Tout d’abord, la Fox se montre intéressée avant d’abandonner le projet. La Paramount s’intéresse alors au projet, mais à l’époque, c’est le slasher qui marche et Rêves sanglants s’en éloigne trop. C’est en Angleterre, auprès du producteur Edward S. Feldman que le film va se faire. Le tournage se divise donc entre la Georgie aux États-Unis d’Amérique et l’Angleterre. À sa sortie, il rapporte moins qu’il a coûté, bien qu’il soit présenté à Avoriaz et bénéficie d’une petite aura l’entourant. George Miller et Quentin Tarantino vantent alors les qualités du film.
TEST DU BLU-RAY/DVD
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Rimini offre à Rêves sanglants une sortie dans une version restaurée. Les couleurs et contrastes de l'époque sont respectés avec une image pas trop granuleuse, mais pas trop lisse non plus. Le son a également été restauré et ne présente ni grain ni saturation. Le coffret contient un disque Blu-ray et un disque DVD. Si les disques ne contiennent pas de bonus, en revanche, un livret écrit par Marc Toullec de 24 pages permet de mieux comprendre la production du film et son accueil. => Achetez chez notre partenaire Metaluna=> Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite


