|
|
Nationalité |
En réponse au succès du premier film, la Daiei lance rapidement la production d’une suite. La Daiei confie la réalisation à Kazuo Mori, spécialiste du film de sabre. On lui doit notamment Le Bandit aveugle (1960). Ce long métrage mettait déjà en scène un sabreur aveugle. Ce deuxième opus permet au spectateur d’approfondir le personnage de Zatoïchi. Il met également en place beaucoup d’éléments de narration et de mise en scène qui influencent le reste de la saga.

Retour aux sources
Le Secret place le masseur vagabond sur les lieux du précédent film. En effet, il se rend à Sasagawa pour rendre hommage à son ami Miki Hirate. En chemin, on l’engage pour masser un seigneur, cependant lorsque Zatoïchi comprend que son client est fou, le clan le tente de tuer le masseur pour préserver le secret.
Ce point de départ permet de montrer qu’en un an, rien n’a changé. Le passage de Zatoïchi et ses paroles n’ont eu aucun effet. Ce village est toujours soumis à la loi du plus fort qui écrase les faibles. Dès l’introduction, Mori choisit de montrer des ouvriers chassés de la barque qui leur permettent de travailler par des yakuzas. Pire, ceux-ci s’en prennent à Zatoïchi qui dormait dans l’embarcation en n’hésitant pas à jeter à l’eau une personne aveugle.
Ces hommes ne respectent pas toujours la vie et restent bloqués sur les apparences. On ne tolère aucune faiblesse et la violence verbale et physique règne en maître. Le réalisateur illustre cet état en reprenant les mouvements du groupe du précédent long métrage. Les yakuzas surgissent en vague, ils sont partout et rendent la justice selon leur envie et l’appât du gain. Ce thème ne constitue pas le cœur de l’œuvre, mais il permet de conduire le public à l’essentiel : Zatoïchi.

La légende de Zatoïchi
Comme demandé par le studio, cette suite permet de mieux connaître et de comprendre la psychologie de Zatoïchi. Cette fois, le scénario le présente comme une légende que les personnages craignent. Pourtant lorsque l’intéressé se montre, il est sous-estimé et le côté croque-mitaine s’évapore. Effectivement, ils perçoivent Zatoïchi comme un être fragile et insignifiant. Une erreur qu’exploite alors le masseur pour surprendre et dominer ses adversaires. Il retrouve son statut exceptionnel lors des scènes de combat au sabre. Même si celles-ci sont assez théâtrales dans la mise en scène, elles sont pourtant belles. Zatoïchi virevolte et semble danser. L’aveugle chétif laisse place à un guerrier rapide et d’une grande précision. Pourtant derrière sa force et son calme apparent se cache un être mélancolique et vulnérable.


La mélancolie
Dans le précédent métrage, le protagoniste était montré comme un maître d’art martial. Calme, pacifiste et avec des principes. L’utilisation de ses sens rappelle le côté méditatif et la force qu’il procure. Dans Le Secret, Zatoïchi apparaît triste et désabusé. Il est profondément déçu par l’humanité et ne croit plus en l’amour. Malgré ses talents et sa sagesse, il n’a pas réussi à changer le cœur des hommes. On le renvoie toujours à son handicap comme si ce seul trait le définissait. Le masseur a également perdu la femme qu’il aimait, celle-ci l’ayant quitté pour un autre parce qu’il était non voyant. La mise en scène illustre bien cet état. Le précédent film utilisait des zooms pour illustrer les dons de Zatoïchi. Ici, la caméra se contente de glisser. Mori fait pivoter celle-ci latéralement pour changer le point de vue. Ce mouvement fait sortir Zatoïchi du cadre, signifiant son refus d’appartenir à ce monde. Pareil pour ses sens, l’absence du zoom sur un élément pour signifier le sens utilisé donne l’impression que Zatoïchi a oublié toute la poésie qu’il possédait précédemment. Il ne s’émerveille plus sur l’odeur des fleurs, il erre sans buts hanté par son passé.

Basculer dans le côté obscur
Il reste un dernier point très intéressant, celui de la violence. Dans Le Masseur aveugle, Zatoïchi refusait le combat, il ne sortait son arme que s’il y était contraint. Il y avait très peu de scènes de combat. Il répugnait à prendre une vie. Cependant, cette suite met en lumière le conflit qui habite le personnage. La mort l’a profondément marqué et il se déteste d’avoir ôté la vie. Le récit le confronte sans cesse à la violence, sa colère se fait de plus en plus grande et il passe le métrage à tenter de lutter contre elle. Le personnage se transforme de plus en plus et son message pacifiste commence à disparaître, ajoutant un peu plus de tragique à son histoire.
TEST DU BLU-RAY/DVD
![]() |
Le film est proposé au sein du coffret Zatoïchi : les années Daiei éditées par Roboto film. Celui-ci contient différents bonus comme des entretiens avec Fabien Mauro et Takashi Miike ainsi qu'une présentation des métrages par Clément Rauger. Cela permet de remettre l'œuvre en contexte et de comprendre pourquoi le masseur aveugle est devenu une figure incontournable de la culture japonaise. Les + Une très belle copie HD Les - => Achetez chez notre partenaire Metaluna=> Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
|
Cher lecteur, nous avons besoin de votre retour. Au choix : |
|
Vous appréciez notre travail, c’est important pour nous motiver à continuer. Merci ! |
Article rédigé par Faye Fanel
Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.











