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En 1978, Chūsei Sone réalise Angel Guts – High School co-ed narrant le périple de trois loosers occupées à harceler et violer les femmes dans la rue. Ce premier volet d’une saga de six épisodes décrivant des crimes pervers se base sur un manga de Takashi Ishii. L’auteur mettra lui-même en scène les trois ultimes films de la franchise. Tourné en 1994, Angel Guts – Red Flash est le dernier d’entre eux.


Comme dans le premier épisode, l’héroïne se prénomme également Nami, mais les intrigues n’ont pas de lien. La Nami de Angel Guts – Red Flash est photographe sur le plateau d’un film porno. Le viol auquel assiste la jeune femme à cette occasion n’est qu’une simulation, mais l’agression lui rappelle un douloureux événement du passé. Muraki, également présent sur le tournage, remarque le trouble chez la jeune femme et s’empresse de lui apporter un peu de soutien. Nami prend alors subitement la fuite, croyant reconnaître chez l’inconnu qui l’aborde celui qui l’avait agressée lorsqu’elle était adolescente.
Déboussolée, Nami trouve du réconfort auprès de son amie Chihiro, tenancière d’un bar. Après une nuit enflammée, Nami souhaite retrouver son amante dès le lendemain, mais découvre que Chihiro l’a déjà remplacée par une autre. De dépit, Nami noie son désarroi dans l’alcool. À son réveil, la jeune femme n’a aucun souvenir de ce qui s’est déroulé la veille et ne sait pas qui est cet homme mort couvert de sang qui gît à ses côtés. Qui diable pourra l’aider à démêler le mystère ? Muraki qui gagne sa vie en travaillant sur des films violents ou Chihiro son amie lesbienne infidèle ?


Haletant thriller érotique, Angel Guts – Red Flash se focalise sur trois protagonistes pour créer un tissu de relations plein de mystères. Nami, d’abord, a subi une agression sexuelle mais nourrit son trauma en prenant des photos de situations comparables. Sous tous rapports, Muraki semble charmant, mais œuvre pour des films résolument déviants. Enfin, il y a la fille du bar, Chihiro. Ce n’est pas un homme, ce qui rassure Nami. Toutefois, l’inclinaison de Chihiro pour les femmes s’avère davantage motivée par sa répulsion envers la gent masculine que par une véritable affection pour ses sœurs.
In fine, tous les trois forment un ensemble subissant une situation qui les écrase, condamnés à se fier à des références et des repères imposés. À tout moment, chaque personnage peut même dévoiler un aspect inconnu de sa personnalité, issu de ses traumatismes passés. Naturellement, le contexte les expose alors à une paranoïa persistante et un malaise que l’on ressent tout le long de Angel Guts – Red Flash.


Pour rester dans le ton, l’intrigue prend la forme d’un labyrinthe. À ce propos, il faudra saluer le talent de narrateur du metteur en scène Takashi Ishii. Même si les histoires que comporte le film sont racontées d’une manière éclatée, on ne se perd jamais. Mieux, la structure convient parfaitement à la complexité des personnages.
En attendant le final surprenant, des éléments dissimulés apparaissent au grand jour, petit à petit. L’enquête menée par le couple formé par Muraki et Nami reste ainsi passionnante, même si elle se suit sur un rythme indolent. La photographie, joliment travaillée, sied, quant à elle, parfaitement à la mélancolie qui transparaît de la pellicule.
Au final, Anngel Guts – Red Flash évoque immanquablement de grands thrillers érotiques tels que Body Double (1984), Pulsions (1980), Blue Velvet (1986), Bound (1996) et même Perfect Blue (1997).
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Article rédigé par André Quintaine
Ses films préférés - Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks... Passionné de cinéma de genre, oeuvre également sur les blogs ThrillerAllee consacré au cinéma allemand et L'Écran Méchant Loup dédié aux lycanthropes au cinéma











