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Après un premier long métrage couronné de succès, John Hsu revient avec une comédie horrifique : Dead Talents Society.
Les vivants ne s’en rendent pas comptent, mais ils sont entourés de morts. Les rituels tels que les sacrifices aux morts permettent aux esprits de rester auprès de ceux qu’ils aimaient. Hélas, il arrive qu’avec le temps, les esprits, oubliés par les vivants, disparaissent. Le seul moyen pour eux d’éviter cela est d’effrayer les vivants ! Comme pour cela il faut un permis, certains préfèrent fonctionner en équipe.
Dans la veine de Beetlejuice, Dead Talents Society dépeint un au-delà riche en couleur. Dans un système très compétitif, des fantômes font peur aux vivants en créant des légendes urbaines. On y retrouve entre autres les croyances sur la fille des toilettes et les fantômes des tunnels, des histoires de fantôme japonaises assez célèbres. Dans cet univers, même les célébrités peuvent disparaitre, si on vient à les oublier ou qu’elles n’effraient plus les vivants.
Catherine, qui représente l’ancienne garde et qui hante une chambre d’hôtel à la manière de l’exorciste, affronte, dans ce contexte, Jessica qui utilise internet dans le style de The Ring ou Kairo. Les deux divas se défient sous l’œil des caméras : dans une sorte de divertissement pour les morts. Cette querelle nous fait penser à la rivalité entre Bette Davis et Joan Crawford dépeinte dans la série Feud et les scènes d’affrontements peuvent évoquer La mort vous va si bien de Robert Zemeckis.

Tout cela offre un décorum aux couleurs bariolées très divertissant et très drôle, le film jouant autant sur l’imagerie des films de fantômes, les légendes urbaines et les creepypastas, ces légendes urbaines d’internet, que sur de la comédie de situation et le burlesque. On sent que le réalisateur a une fine connaissance du genre et des histoires effrayantes parsemant la toile. A tout cela, il ajoute deux pièces maîtresses : son héroïne et sa meilleure amie.
En effet, l’héroïne est une jeune décédée qui se retrouve menacée de disparaitre. Elle qui passait son temps à se moquer des fantômes, jouant à effrayer les vivants, va devoir tout faire pour intégrer l’équipe de la grande Catherine, la célèbre « effrayante », mais en perte de vitesse. Entre l’ancienne célébrité et la nouvelle recrue peu assurée va se créer une dynamique qui permet au réalisateur d’aborder une thématique très personnelle : la pression qu’on se met pour atteindre ses objectifs.
Seul bémol, le rythme du film. Celui-ci commence sur les chapeaux de roue pour monter en puissance, mais, parvenu à un certain niveau, il stagne un peu avant de redémarrer. Ce petit essoufflement se ressent notamment dans la longueur. Malgré tout, c’est un film réussi, drôle, piquant, généreux, qui n’oublie pas d’être touchant.
John Hsu réussit, après avoir remporté 5 prix à un grand festival taïwanais pour son film précédent Détention, encore une fois, un tour de force en donnant vie à une équipe des plus sympathiques, dans un univers pétillant qui n’est pas sans rappeler les comédies horrifiques des années 80 comme Ghostbuster.
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite

