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La Colline a des yeux – instincts violents – 1977

Un texte signé Faye Fanel

Nationalité
USA
Année de production

1977
Réalisation

Wes Craven
Titres alternatifs

The Hills Have Eyes
Interprètes

Susan Lanier, Robert Houston, Janus Blythe, Martin Speer, Michael Berryman

Wes Craven a marqué le genre du slasher grâce à Freddy Krueger et Scream. Bien avant de créer ces croques-mitaines de légendes, le cinéaste a su terrifier le public et captiver les critiques avec ses premiers films. La Colline a des yeux, sorti en 1977, a su marquer son époque ainsi que la pop culture par sa violence brute et glaçante. Celle-ci n’est cependant jamais gratuite mais une illustration de la colère qui anime Craven.

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Nature violente

Dans l’entretien présent en bonus, le critique Stéphane du Mesnildot qualifie le film de survival. Il a tout à fait raison, les protagonistes La Colline a des yeux tentent de survivre au désert, à la famille de mutants mais surtout à leur propre instinct. C’est de cet instinct de survie que naît l’horreur de l’histoire.

Dès l’introduction du long métrage, Wes Craven présente au public les menaces qui tapissent le récit. La première est le désert. La caméra ne perd jamais une occasion de rappeler l’immensité du décor, la chaleur étouffante et ses rochers coupants. Ensuite vient l’introduction de la famille de Jupiter. Le spectateur la découvre au travers des yeux d’un vieil homme propriétaire de la station service. Il en parle comme d’une famille de marginaux refusant de se mêler à la société et utilisant le troc pour survivre. Arrivent enfin les Carter qui voyagent en caravane. Ils sont censés être les héros auxquels il faut s’attacher, et pourtant leur introduction ne les rend pas sympathiques. Ils se montrent condescendants et esclaves des bienfaits du monde moderne incarné par la caravane.

Le récit se lance et rapidement, le public prend conscience qu’il n’y a aucun espace pour respirer. Il se dégage en permanence une ambiance malaisante. Dès le départ de la station service, la famille Carter se trouve sous surveillance. Le réalisateur utilise des plans larges et panoramique ainsi qu’un effet de zoom pour rappeler la vision depuis une paire de jumelles. Il travaille surtout le son. Le spectateur entend les murmures de cette étrange famille discutant par radio ainsi que leurs souffles malfaisants. Jupiter et ses fils commentent chaque action et se moquent de leurs proies. Du côté des Carter, la première peur vient du passage des avions de l’armée. Le son les terrifie tellement qu’ils ont un accident de voiture. Une sortie de route qui scelle leur destin.

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Petit à petit, Craven fait mijoter son audience en augmentant le stress subi par les protagonistes. Cela commence par l’accident et l’urgence de trouver de l’aide. Le père et son gendre quittent le groupe. Puis vient le tour des chiens qui s’échappent. Plus le jour baisse, plus le spectateur entend la famille de Jupiter être excitée. Le public sent un mauvais pressentiment grandir en lui.

Arrive l’étincelle qui met le feu aux poudres. De retour à la station service, Mr Carter, le patriarche, découvre Jupiter jaillissant de l’ombre pour tuer le pompiste son géniteur. Carter succombe à l’attaque de Jupiter. Celui-ci, heureux d’avoir soumis un ennemi puissant, ordonne le massacre du reste de la famille Carter, lançant ainsi la scène emblématique de La Colline a des yeux.

Le spectateur comprend tout, cette violence animale était préparée. Jupiter et Carter représentent deux mâles alpha qui s’affrontent. Le gagnant a droit de vie et de mort sur la clan de l’autre. Cette façon de penser rappelle un comportement animal voir homme préhistorique. Jupiter et ses fils Mars et Pluton, utilisent Mr Carter comme diversion pour diviser le groupe. Par la suite, ses fils envahissent la caravane pour enlever le bébé et agresser la plus jeune fille de la famille. Le travail sur le cadre et le montage de Wes Craven rendent la séquence brutale et glaçante.

Craven utilise sa formation en philosophie pour pousser son public à s’interroger sur la violence et son origine. Est-elle extérieure ou intérieure? Pour le réalisateur, celle-ci se trouve en chacun de nous, il en donne la preuve en montrant les Carter devenir de plus en plus agressifs au fur et à mesure du métrage, abandonnant la raison pour se faire justice et prendre le dessus sur la menace.La Colline a des yeux conclut ce débat philosophique par ce rappel : l’homme vu comme un être intelligent bascule dans la violence dès que l’on touche à ses possessions. Cette notion est chère au réalisateur car, au-delà de l’aspect moralisateur, elle lui permet d’aborder une critique de l’Amérique.

La condescendance américaine

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La Colline a des yeux

Au travers de l’œuvre, Wes Craven pose un œil contestataire sur les États-Unis. Il part de ses origines, les trappeurs, incarnés par Jupiter et sa famille. La famille de mutants s’approprie le territoire par la violence, chassant et tuant pour pour survivre. Il passe ensuite à la société moderne incarnée par les Carter. Ils pensent que tout leur est dû et se montrent jugeants sur les personnes vivant en milieu rural. Les Carter pensent tout savoir et s’appuient sur le confort moderne comme indicateur de réussite et de sécurité. Ces personnages sont dans le déni des problèmes qui les entourent. Mme Carter illustre parfaitement cette idée, réagissant de façon toujours positive en minimisant les faits.

L’armée, menaçante, rappelle une des inspirations de Wes Craven, la guerre du Vietnam et une nouvelle fois le désir du pays d’écraser les plus faibles. Le désert est un dernier rappel du mal qui dévore le pays. Il est le berceau de la bombe atomique. Situer l’action près de la Zone 51 et montrer une famille mutante rappelle les plus grands complots américains mais également le fait que le pays a tendance à s’auto-saboter en tuant ses légendes. Les mutants rappellent la mort des figures légendaires du cinéma américain, les cow-boys,tués par les radiations des essais nucléaires en tournant dans le désert.Le constat de Craven est désespéré mais aussi très en colère, Les États-Unis donnent des leçons alors que les politiciens et la société passent leur temps à s’autodétruire et terrasser les faibles. Pour lui, c’est une boucle tragique qui ne trouvera jamais de fin, car la nature humaine est par essence corrompue. Il ne se fait pas d’illusion. La Colline a des yeux est une dissertation sur le rôle de la violence dans la construction d’une société et comment celle-ci ne peut mener qu’à l’échec.


TEST DU BLU-RAY/DVD


Le film est présenté dans un coffret Blu-Ray et 4K contenant des goodies (jeu de carte, affichettes, livres, autocollants). Le film est proposé dans une très belle restauration en version originale avec plusieurs masters audio (7.1, 2.0 et 1.0) et en version française. L'édition propose différents bonus comme des entretiens avec Martin Speer (acteur) ou bien encore Don Peake ( compositeur) ainsi qu'avec le critique Stéphane du Mesnildot. Le blu-ray propose également des commentaires audio et un making of.

Les +

Beaucoup de bonus très riches en informations
Une très belle restauration de l'image et du son.

Les -

Rien à signaler

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=> L’Amie Mortelle

=> L’emprise des ténèbres


BANDE ANNONCE :

Article rédigé par Faye Fanel

Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.


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