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À l’aube des slashers, Le Cri des ténèbres mêle ambiance gothique et estivale pour une réécriture très giallesque d’un classique du film d’horreur.
La jeune Heather se rend chez sa grand-mère, Maude, qui souhaite transformer sa maison, devenue trop grande depuis la mort de son époux, en maison d’hôte. L’adolescente se fait très vite de nouveaux amis, ce qui ne l’empêche pas d’aider sa grand-mère à accueillir les nouveaux clients. Cependant, elle s’inquiète quand elle surprend sa grand-mère parler toute seule et lui interdire l’accès à certaines parties de la maison. À cela s’ajoute la disparition plutôt brutale des clients.
Derrière Funeral Home, en français, Le Cri des ténèbres, se cache William Fruet, un réalisateur canadien qui a commencé sa carrière en réalisant des films d’horreur lorgnant sur le cinéma américain, notamment avec L’Exterminateur, un film de vengeance se déroulant à L.A. Par la suite il travaille à la télévision américaine, notamment sur les séries Alfred Hitchcock présente, Vendredi 13 et Chair de poule. En 1980, il a déjà réalisé trois films. Pour son quatrième, qui est une production canadienne, il s’inspire d’un classique hollywoodien du maître du suspense jusqu’à son twist final, aussi donner le nom du film l’ayant inspiré serait spoiler pour ceux n’ayant vu Le Cri des ténèbres.


Pas une simple réécriture
Ainsi, l’on pourrait presque parler de réécriture. Si ce n’est que s’ajoute un autre twist qui ne déplaira pas aux amateurs de bis italien, à savoir que la maison d’hôte a été par le passé une maison funéraire et a donc en son sous-sol encore des cercueils et installations destinées au traitement des cadavres, ce qui donnera lieu à quelques scènes plutôt gore et surtout macabres. Cependant, là où Funeral Home s’éloigne drastiquement du bis italien pour lui préférer les films d’ambiance, c’est que les scènes de mise à mort et de gore sont plutôt rares.
William Fruet préfère suivre ses différents personnages pour jouer la carte du suspense plutôt que de jouer sur le gore. Ainsi, le changement de points de vue permet d’essaimer des indices tout au long du métrage. Tantôt il s’agit du couple de clients qui doit affronter ses propres difficultés et ne se rend pas compte que leurs us et coutumes de citadins choquent les habitants de ce petit coin de campagne éloigné de tout, tantôt la caméra épouse les adolescents qui passent leur temps à s’amuser et à profiter de l’été qui semble aussi chaud qu’en Louisiane alors que le film est entièrement tourné au Canada.


Une atmosphère poisseuse
L’image feint volontairement une atmosphère de sud des États-Unis, sans doute pour séduire le marché américain et notamment celui du cinéma d’exploitation alors encore florissant. Les drive-ins apprécient les films d’horreur, en particulier ceux mettant en scène des adolescents et des tueurs psychotiques. En 1980, le slasher n’a pas encore tout à fait débarqué sur les grands écrans, et en quelque sorte, Le Cri des ténèbres peut rejoindre les films l’ayant préfiguré, même s’il s’en éloigne par bien des aspects, de par un nombre de morts plutôt réduit et un manque de scènes sanglantes dignes de satisfaire un public habitué.
S’il peut décevoir par cet aspect, et par son twist qui est désormais un peu trop classique, il réussit néanmoins à poser une ambiance malaisante qui repose à la fois sur le jeu des clichés du genre, avec l’usage d’un chat noir qui s’amuse à effrayer l’adolescente ou encore d’un homme à tout faire aux tendances voyeuristes, mais aussi la qualité du jeu des comédiennes.


Lesleh Donaldson qui s’est illustrée dans Happy Birthday, un slasher à la fin bien perturbante, en 1981, soit l’année suivante, rend son personnage touchant et attachant, tout en laissant apercevoir quelques fêlures, notamment dans sa peur panique des chats qui n’est pas sans évoquer la célèbre nouvelle d’Edgar Allan Poe. Tandis que Kay Hawtrey, connue pour son rôle dans Vidéodrome de David Cronenberg ou encore Urban Legend de Jamie Blanks, arrive très bien à jouer la mamie-gâteau légèrement flippante, de celles dont on ne sait pas trop si elles perdent la tête ou s’il y a quelque chose de plus sombre en Maude. Ce qui n’est pas sans évoquer The Visit de Night Shyamalan.
En somme, Le Cri des ténèbres est non seulement un film d’horreur tout à fait honorable, capable de séduire un public peu friand de gore, préférant les ambiances de thrillers angoissants, mais également les cinéphiles qui pourront voir ses inspirations tout autant que l’importance qu’il a pu avoir dans l’histoire du cinéma d’horreur.
TEST DU BLU-RAY/DVD
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Le cri des ténèbres sort pour la première fois en France en coffret Bluray et DVD chez Rimini dans sa collection Angoisse. L'éditeur nous avertit qu'en dépit de la restauration, il demeure des défauts. Celle-ci s'étant basée sur différentes copies produites lors de la sortie internationale, la qualité peut être variable. Ainsi on notera une l'image légèrement passée, aux couleurs un peu affadies ce qui peut s'expliquer par l'état de la pellicule mais aussi les choix esthétiques opérés par l'équipe, jusqu'au choix de l'émulsion qui change de beaucoup le rendu des couleurs et des contrastes. Le son est de qualité sans crépitement ni souffle. Deux versions sont disponibles, la version originale sous-titrée en français et une version française, toutes deux sont en DTS HD Master Audio stéréo. Peu de bonus sont disponibles sur les disques en revanche, un livret de 24 pages de Marc Toullec permet d'en savoir plus sur la carrière du réalisateur et bien sûr sur la production de Le Cri des ténèbres. Points positifs : Point négatifs : => Achetez chez notre partenaire Metaluna=> Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite











