Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

Italie, Espagne - 1966 - Ferdinando Baldi
Titres alternatifs : Texas Addio
Interprètes : Franco Nero, Alberto Dell'Acqua, Elisa Montés, José Suarez, Luigi Pistilli

retrospective

Texas Adios (1966) – Texas à l’italienne

Texas Adios date de 1966, période faste pour le western italien. La mode débute réellement en 1964, années qui voit la sortie de pas moins de 38 métrages portés, évidemment, par le succès du classique POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS de Sergio Leone. Le cinéma populaire italien est alors en pleine santé et démontre une réelle variété. On note une floppée de péplums dont quelques belles réussites comme HERCULE ET LES TYRANS DE BABYLONE, de l’aventure exotique (SANDOKAN, LES PIRATES DE MALAISIE, etc.) et les premiers giallos, sans oublier une poignée de films d’aventures à la James Bond.

Texas Addio 4

Mais, dès 1965, le western s’impose et écrase la concurrence : une cinquantaine de métrages spaghetti déboulent et mettent les gros bras au chômage. La mode change rapidement et les épées laissent la place aux six-coups. Une tendance accentuée en 1966 avec la sortie de plus de soixante westerns à l’italienne. Seul l’espionnage à la 007 peut encore rivaliser (COMMISSAIRE X DANS LES GRIFFES DU DRAGON D’OR, etc.). L’année est marquée, pour ne pas dire dominée, par LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, troisième western de Leone qui prend la tête du box-office. Parmi les autres réussites de l’année ARIZONA COLT, EL CHUNCHO ou LE TEMPS DU MASSACRE de Fulci sont à signaler.

Texas Addio 2

Comme beaucoup de cinéastes Ferdinando Baldi se lance dans le filon porteur. Il a précédemment alterné mélodrames (T’AIMER EST MON DESTIN), aventures (TARASS BOULBA), péplum (EL KEBIR FILS DE CLEOPATE) et espionnite (MISSION SUICIDE A SINGAPOUR). Bref, il suit les modes et le western va particulièrement l’inspirer, l’amenant à livrer de belles réussites parfois curieuses ou proches du fantastique comme DJANGO PREPARE TON CERCUEIL ou BLINDMAN LE JUSTICIER AVEUGLE.

Il propose ici un western classique mais à l’intrigue solide signée du spécialiste Franco Rossetti (DJANGO) aux aspects opératiques typiques du genre italien. Burt Sullivan, le shérif d’une petite ville du Texas (Franco Nero, toujours excellent), part accompagné de son jeune frère pour venger son père assassiné une vingtaine d’années auparavant par un certain Delgado. Ce-dernier est devenu un riche et puissant propriétaire foncier. Un secret familial soudain dévoilé rebat les cartes et complexifie cette apparemment banale vengeance.

Texas Addio 1

Sur une trame familière, le métrage délivre un récit intéressant influencé par la tragédie dite « grecque » : révélations fracassantes sur la véritable identité du meurtrier et paternité contrariée sont au cœur de ce Texas Adios. Visuellement, le film démontre une belle tenue avec une photographie classieuse et un jeu étudié sur les lumières et les ombres. L’ensemble se veut plus traditionnel et réaliste que nombre de westerns à l’italienne et se rapproche davantage du modèle américain, le modèle étant ici, selon Franco Nero, Gary Cooper et le fameux TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS.

Le scénario, lui, s’inspire quelque peu du précédent TEMPS DU MASSACRE de Lucio Fulci et la présence de Nero amena certains distributeurs peu scrupuleux à le présenter comme une suite de DJANGO. Il en est pourtant fort éloigné, tant thématiquement que visuellement. Les seconds rôles rassemblent, de leur côté, quelques familiers du cinoche populaire de cette époque. Elisa Montès assure l’atout charme et a été vue dans la plupart des sous-genres alors en vogue : péplum (LE GRAND DEFI), western (DJANGO LE PROSCRIT), horreur (BARON VAMPIRE), aventure exotique (SUMURU LA CITE SANS HOMMES), krimi (DER TODERSRACHER VON SOHO) et même Women In Prison (99 WOMEN : LES BRULANTES). On retrouve également le prolifique Luigi Pistilli (MILAN CALIBRE 9, TON VICE EST UNE CHAMBRE CLOSE DONT MOI SEUL AIT LA CLE) et l’acteur / cascadeur Alberto Dell’Aqua (LE GLADIATEUR DU FUTUR, ADIOS CALIFORNIA,…).

Tourné au printemps 1966 à Alméria (au même moment que LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND), Texas Adios s’impose comme une belle réussite du western que l’on a aujourd’hui plaisir à revoir. Dans la masse énorme des productions du même style (près de 300 titres en une demi-douzaine d’années), le film de Baldi figure sans hésiter dans le haut du panier.



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Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer - Ses auteurs préférés - Graham Masterton, Christophe Lambert, Thomas Day, Stephen King, Clive Cussler, Paul Halter, David Gemmell

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