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Après le succès de Riders of Justice et Les Bouchers verts, Anders Thomas Jensen nous revient avec une nouvelle fable aussi drôle que touchante.
Un braqueur de banque, pourchassé par la police, confie à son frère autiste l’argent qu’il a volé en lui demandant de le cacher dans un lieu connu d’eux seuls. Quinze ans plus tard, à sa sortie, il retrouve son frère, mais ce dernier se prend désormais pour John Lennon. L’ennui c’est que son partenaire de crime veut mettre la main sur le butin et se montre très menaçant. Les deux frères vont devoir trouver une solution, qui passe par des évènements des plus absurdes, comme tenter de remonter les Beatles.


Un ovni attachant
Mélange de comédie, drame, gangster, The Last Viking parvient à offrir un voyage inattendu, absurde et touchant au spectateur. Cela en passe par le mélange des genres, mais aussi la rencontre fracassante de personnages et d’univers distincts. Prenons les deux frères. L’aîné est un braqueur de banque, bourru, taciturne, il veut tout, tout de suite, et a du mal à gérer sa colère. À l’inverse, son frère autiste est très sensible et à la fois très clairvoyant, il comprend les besoins de son frère, mais a la peur de le voir partir s’il lui confie l’argent. Ainsi, la confrontation des deux, si différents, mais contraint contraints d’agir ensemble dans cette quête, donne au film un faux airs air de buddy movie.
Leur aventure va les amener à croiser des personnages hauts en couleur. Comme un couple qui tient une location dans leur maison d’enfance, couple d’artistes ou de pseudo artistes en crise qui lui-même est l’association de personnages totalement opposés et incongrus. Mais aussi des patients en psychiatrie qui, eux aussi, se prennent pour des artistes musiciens très célèbres. Ainsi, la folie est au cœur du film, mais n’est pas traitée comme stigmatisante. Au contraire, la folie amène de l’humour, mais aussi de l’émotion. Et surtout, Anders Thomas Jensen cherche à amener le spectateur à s’interroger sur qui est vraiment fou. Et peut-être se défaire de nos préjugés.
Drôle et piquant


L’écriture de Anders Thomas Jensen est assez fine pour parvenir à jouer avec le chassé-croisé des personnages, mais aussi poser en amont suffisamment d’éléments pour qu’ensuite, dans le déroulé du film, l’émotion vienne nous happer, nous bouleverser. Bien sûr son scénario et sa mise en scène sont servi par le jeu des comédiens. Mads Mikkelsen qui avait joué dans Les Bouchers verts et Riders of Justice, parvient à donner une grande profondeur à son personnage qui n’est pas des plus bavards. C’est donc dans la physicalité qu’il va s’exprimer. Il en va de même pour Nikolaj Lie Kaas qui joue de tout son corps cette brutalité, cette violence qui est toujours tapie en lui. Il faut dire que son physique aide puisqu’il incarnait déjà un personnage buriné dans la saga Département V.
Enfin, il faut parler du cadre de l’action. Le film alterne entre la ville, plus particulièrement une résidence HLM où vivent les deux frères, tout en béton, tout gris, où le bois est plaqué et se déforme, où la violence est partout, et surtout, où les deux frères vivent isolés. À l’inverse, dans la maison familiale au milieu des bois et de la montagne, propose un univers ouvert, verdoyant, où le bois est chaud et solide, où les runes s’inscrivent partout, sur les arbres, dans les granges, sur des figurines en bois. Et surtout, où les couleurs des costumes vont exploser. Ainsi Anders Thomas Jensen s’amuse à jouer autant sur les décors, les costumes, mais aussi la musique qui va s’inviter au voyage, afin de rendre ce voyage captivant et dépaysant pour le spectateur.
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite










