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Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Violent Panic – The Big Crash – Bordel organisé

Un texte signé André Quintaine

Nationalité
Japon
Année de production

1976
Réalisation

Kinji Fukasaku
Titres alternatifs

Bôsô panikku: Daigekitotsu
Interprètes

Katsutoshi Akiyama, Tetsuo Fujisawa, Shôtarô Hayashi, Takuzô Kawatani, Hideo Murota, Tadashi Naruse, Akira Shioji...

Réalisateur de Violent Panic – The Big Crash, Kinji Fukasaku symbolise quarante ans de cinéma riche et varié. Fortement influencé par le néoréalisme italien qu’il singularise par son style innovant, le réalisateur formé à la Toei s’illustre d’abord avec la série des Combats sans code d’honneur, saluée à la fois par le public et par la critique. Cinq œuvres caractérisées par une description du monde des yakuzas d’après-guerre, violente et dénuée de stéréotypes et qu’il met en scène entre 1973 et 1974.

Violent Panic The Big Crash 02

Kinji Fukasaku poursuit son travail en approchant d’autres genres avec, entre autres, Les Évadés de l’espace (1978), space-opera lorgnant sur La Guerre des étoiles, Virus (1980), film catastrophe contraignant les survivants à s’exiler dans l’Antarctique ou encore Samurai Reincarnation (1981), film fantastique dans lequel un sabreur trahi par Dieu vend son âme au Diable pour venger les siens. En 2000, celui qui se révèle alors une source d’inspiration privilégiée pour ses contemporains tels que Takashi Miike, John Woo ou Quentin Tarantino se fait remarquer par le grand public occidental grâce à l’adaptation du manga Battle Royale.

Pour l’heure, au moment d’entreprendre Violent Panic – The Big Crash, Kinji Fukasaku vient de signer une ribambelle de films de yakuzas initiés par le succès à la fois public et critique de sa série des Combats sans code d’honneur, à l’image du Cimetière de la morale (1975). C’est l’occasion pour le réalisateur de changer de registre en livrant un film d’action haut en couleur, tout en continuant de démontrer son attachement aux marginaux. Ainsi, Takashi est un braqueur de banque invétéré qui rêve de faire un dernier casse avant de se la couler douce au Brésil. Toutefois, de nombreux obstacles vont se dresser sur son chemin comme une femme qui tombe amoureuse de lui, le frère de son défunt partenaire qui veut sa part du gâteau, un flic corrompu, un gang de motards et tous les policiers de la région de Kanto…

Violent Panic The Big Crash 03

Parmi toutes ces difficultés qui empêchent Takashi de concrétiser son projet, la plus insurmontable reste sa dignité. En effet, incapable de laisser un mari indigeste bafouer l’honneur de son épouse, le malfrat de Violent Panic va démontrer son humanité dans un monde déshumanisé par le pognon. D’ailleurs, si l’argent se voit accaparé par des gens qui n’ont aucune morale, le leur voler n’a rien d’un crime…

Bref, seul le chaos peut émerger d’un contexte aussi infâme et la mise en scène se met au diapason. Tourné caméra à l’épaule tout en renonçant au stabilisateur d’image, Violent Panic est un film furieux, et pas seulement lors des moments d’action. Ainsi, les bars sont enfumés et bondés, les autoroutes saturées, les réunions familiales au complet et bruyantes et les plans débordent d’objets divers et variés…

Violent Panic The Big Crash 01

En guise de pourboire, Violent Panic – The Big Crash offre aussi l’occasion de retrouver des actrices propulsées au statut de femmes fatales durant les années 70. Miki Sugimoton, par exemple, s’est fait un nom en tabassant les représentants de la gent masculine dans des films devenus cultes comme Le Pensionnat des jeunes filles perverses (1973) ou Girl boss: Les étudiantes en cavale (1973). Yayoi Watanabe, pour sa part, peut se laisser admirer dans d’autres classiques comme Le Couvent de la bête sacrée (1974) et La femme scorpion (1972).

Mais l’action reste l’élément qui définit le mieux Violent Panic – The Big Crash, et en particulier ce final que l’on qualifiera de foutraque. Un quart d’heure de folie où flics, malfrats, journalistes et badauds se poursuivent en voiture, en moto et en vélo sur la route, sur l’eau et même dans les airs… Tout en s’invectivant rageusement sur fond de ferraille qui s’entrechoque. Les temps sont durs pour les amis de la modération, de l’harmonie et de la communication non violente…



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Article rédigé par André Quintaine

Ses films préférés - Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks... Passionné de cinéma de genre, oeuvre également sur les blogs ThrillerAllee consacré au cinéma allemand et L'Écran Méchant Loup dédié aux lycanthropes au cinéma