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Bambi the Reckoning est la nouvelle production du Twisted Childhood Universe, qui transforme les classiques de l’enfance en film d’horreur débridé et nanar assumé.
Dans une forêt, Bambi voit sa mère tuée par des chasseurs, il survit en s’enfuyant avant de grandir et de fonder sa propre famille. Mais le sort s’acharne sur lui, car il perd sa femme, renversée par un camion. Rongé par la colère et l’absorption de produits chimiques, il se transforme en un cerf mutant ivre de vengeance qui se met à poursuivre et à occire les humains osant s’aventurer dans sa forêt. Or une mère et son fils doivent s’y rendre afin de rejoindre leur famille pour Thanksgiving. En parallèle, une milice armée tente de traquer l’animal mutant…


Une revisite horrifique de Bambi
À la réalisation, Dan Allen a précédemment travaillé sur It Came from Below qui, pour un modeste budget, suivait un groupe d’amis en exploration dans une grotte abritant un monstre d’un autre monde. C’est donc pour sa capacité à susciter des frissons tout en maîtrisant son budget qu’il est choisi afin de donner vie à la version sanglante et trash de Bambi. En effet, Bambi the Reckoning, comme son nom l’indique, reprend l’histoire de Felix Salten, Bambi, une vie dans les bois, que les studios Disney avaient déjà adapté en 1942. Depuis, le roman est passé dans le domaine public et ainsi, libre d’être adapté dans une version horrifique où l’adorable petit faon est devenu un monstre mutant à l’aspect effrayant.
Difficile de ne pas songer à Toxic Avenger qui revisitait le film de justicier et de vengeance avec humour et surtout un certain goût pour le trash qui est la patte même de Lloyd Kaufman et Michael Herz. Or, Bambi the Reckoning a, quant à lui, la patte du studio Jagged Edge Productions et de son Twisted Childhood Universe. Ce dernier, lancé en 2023 par Winnie-the-Pooh : Blood and Honey de Rhys Frake-Waterfield a repris les personnages de Winnie l’ourson et Porcinet créés par d’Alan Alexander Milne et d’Ernest Howard Shepard qui, après avoir été abandonnés par Jean-Christophe, sont devenus des tueurs en série assoiffés de sang.


Un petit budget mais de grandes ambitions
Avec un budget assez réduit, une production resserrée, souvent établie sur une forêt sombre, une version maléfique des héros classiques de l’enfance et des meurtres violents et gratuits, le studio se repose sur la formule très efficace du slasher pour titiller la curiosité de ceux ayant grandi avec ces figures positives. Ce qui fonctionne, puisque Winnie malgré sa razzia de prix aux Razzie Awards (pire film, pire remake, pire scénario, pire réalisateur), a su séduire lors de sa sortie internationale près de 5,2 millions de dollars. Une coquette somme au vu du budget engagé, ce qui pousse la production à se lancer dans une suite, mais aussi à s’attaquer au roman de J. M. Barrie avec Peter Pan’s Neverland Nightmare.
Et l’on peut dire que Bambi assure sa promesse : le cerf d’une imposante taille enchaîne les mises à mort, parvenant à faire preuve d’une ingéniosité meurtrière étonnante pour un cervidé. Il écrase à mort un chauffeur de taxi, enfonce ses bois dans le corps d’une femme et arrive même à la couper en deux. Non, la crédibilité n’est pas recherchée par Dan Allen qui mise plutôt sur la cruauté du sort réservé aux personnages que l’on suit. Mais, comme dans toute histoire de monstre, il y a aussi l’idée que les humains ne sont pas en reste, avec des militaires aussi cruels qu’idiots. Aucun cliché ne sera épargné, de l’adolescent bête et méchant, à la grand-mère perchée ayant des visions, en passant par les soldats chasseurs complètement fous et sanguinaires…


Et un spectacle généreux
Néanmoins, contre toute attente, en dépit d’effets spéciaux pas toujours réussis, d’une lumière un peu trop sombre et de couleurs un peu trop étouffées, il y a des moments de bravoure, comme la scène avec le taxi, classique, mais efficace, ou encore celle où Bambi retrouve son petit, jouant cette fois-ci la carte empathie avec le monstre sanguinaire, audacieux pour le moins ! Mais, celle qui touchera le cœur des amateurs du Bambi original, c’est celle où un Pampan maléfique se joint à la curée !
Ainsi, Bambi ne se situe guère dans les chefs-d’œuvre, mais plutôt dans les comédies horrifiques où le petit budget et le côté what the fuck, absurde et ridicule, est complètement assumé. Où le réalisateur, parfaitement conscient de la soif de sang et de cruauté du spectateur, lui en donne à foison. Dans la lignée des films d’exploitation de la grande époque, Bambi the Reckoning répond à ses promesses, même les plus osées, pour le plus grand bonheur, ou désespoir, des amateurs du genre.
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite











