Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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La Disparition (1977) – Patience et longueur de temps…

Un texte signé André Quintaine

Nationalité
Royaume-Uni, Canada
Année de production

1977
Réalisation

Stuart Cooper
Titres alternatifs

The Disappearance
Interprètes

Donald Sutherland, Francine Racette, David Hemmings, John Hurt, David Warner, Peter Bowles, Duane Howard...

L’un des atouts de La Disparition est son casting de première classe, gravitant autour d’un magnifique Donald Sutherland, incarnant ici un tueur à gages froid comme la mort. Ainsi, il reçoit ses ordres de mission et l’identité des proies à éliminer par David Warner, avec lequel il travaille depuis si longtemps qu’ils en sont devenus proches. Dans la seconde partie, John Hurt est parfait en relais local débutant et inexpérimenté. Quant à lui, Christopher Plummer, qui intervient à la fin du métrage, va se révéler une cible à double tranchant…

Une sélection de standing au milieu de laquelle on trouve aussi Francine Racette qui avait un petit rôle dans le 4 mouches de velours gris (1971) de Dario Argento. Censée s’être volatilisée, son temps de présence à l’écran s’avère faible. Pour autant, la jeune femme marque les esprits en incarnant Celandine, une femme mystérieuse et insaisissable, pas seulement parce qu’elle a disparu…

C’est en rentrant d’une dure journée de travail ordinaire que Jay Mallory se rend effectivement compte que son épouse reste introuvable. A-t-elle été enlevée ou s’est-elle tout simplement fait la malle ? La disparition a-t-elle quelque chose à voir avec le travail peu habituel de Jay, au service d’une organisation clandestine pour laquelle il exerce le métier pas vraiment courant de tueur à gages l’amenant à tuer froidement de parfaits inconnus ? Ou cette absence serait-elle due au tragique passé que les deux tourtereaux ont en commun et qui semble avoir changé à jamais leurs relations ?

La Disparition 04
La Disparition 03

Froid, c’est la sensation qui émane du film et pas seulement parce que l’hiver s’est abattu sur les immeubles à l’architecture monotone de Montréal. L’austérité s’affiche d’abord dans l’appartement moderne, saturé d’objets divers et variés mais surtout impersonnels, dans lequel vit ce couple bourgeois, intellectuel, fade et rébarbatif.

Si le personnage de Donald Sutherland est un tueur à gages, son pistolet et ses allures d’agent secret ne lui assurent pas une existence aussi palpitante que celle d’un héros de Ian Fleming. Ceci explique peut-être pourquoi le public a fraîchement accueilli le film à sa sortie. À l’image de Ne vous retournez pas (1973) de Nicolas Roeg qui laissait présager un giallo, La Disparition donne sa préférence à l’étude psychologique plutôt qu’au thriller promis par l’activité professionnelle de Jay. En conséquence, à l’épicentre du récit, on trouve un mari abandonné devant faire face à ses responsabilités au sein d’une relation de couple marquée par la tragédie et la mort comme vont le révéler les flash-back disséminés durant l’ensemble du film.

L’amour que se portent Jay et Celandine n’a rien d’exaltant et pourra même agacer. En cause, le personnage de la jeune femme, émotionnellement hors d’atteinte tant elle semble prendre plaisir à se torturer psychologiquement. Au point que les deux bourgeois qui tirent leurs revenus de la mode pour l’un, par le meurtre pour l’autre, en arrivent presque à raviver des envies de lutte de classe.

La Disparition 02

Toutefois, ce cadre permet de laisser la place à l’évolution du personnage de Jay qui s’humanise au fur et à mesure de la progression du film. Une progression rendue également possible grâce à l’interprétation de Donald Sutherland d’une part, mais aussi à la mise en scène soignée de Stuart Cooper. La réalisation s’appuie en outre sur des images magnifiques, seules véritables sources de chaleur du film. Signée John Alcott, la photographie s’avère caractéristique de son travail dont il fera bénéficier plus tard des films comme Greystoke, La Légende de Tarzan (1984) ou Shining (1980). Quoi qu’il en soit, son apport s’avère l’un des éléments marquants du film. Au point de contrer admirablement l’aspect contemplatif de l’ensemble et d’atteindre agréablement la dernière demi-heure qui, en changeant radicalement de cadre, nous transporte en Grande-Bretagne pour un final surprenant.

Informations complémentaires :

Après une quinzaine d’années passées à se contenter de courtes apparitions dans des films européens tels que Fanatic (1965) ou le Château des morts-vivants (1964), Donald Sutherland débarque à Hollywood pour participer au film Les douze salopards (1967), marquant le début d’une carrière phénoménale avec des films comme M*A*S*H (1970), De l'or pour les braves (1970) et bien sûr, L'Invasion des profanateurs (1978).


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BANDE ANNONCE :

Article rédigé par André Quintaine

Ses films préférés - Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks... Passionné de cinéma de genre, oeuvre également sur les blogs ThrillerAllee consacré au cinéma allemand et L'Écran Méchant Loup dédié aux lycanthropes au cinéma