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Ellipses à foison, rythme lancinant, durée dépassant les deux heures de métrage, monologues interminables, intrigues obscures, Samuraï Réincarnation met tout en œuvre pour décontenancer le spectateur. En particulier lorsqu’il est d’origine occidentale et peu familier des traditions japonaises. Le film de Kinji Fukasaku n’est certainement pas pour tout le monde. Mais ceux capables d’apprécier des images d’une poésie sans pareille auront sous les yeux un véritable petit bijou.


On doit cette réussite au directeur artistique. Norimichi Igawa remportera d’ailleurs l’équivalent japonais d’un Oscar pour son travail sur le film. L’année suivante, il récidivera dans des thématiques également fantastiques à l’occasion du foutraque Ninja Wars (1982) mais, auparavant, il s’activait déjà sur l’un des épisodes des sagas Girls Boss (Girl boss: Les étudiantes en cavale – 1973) et Lady Yakuza (Lady Yakuza: Le retour d’Oryu – 1970). Surtout, en 1968, il s’attachait à conférer une atmosphère envoûtante aux Vampires, réalisé par Kaneto Shindō.
Une ambiance fantastique et sinistre imprègne également une bonne partie de Samuraï Réincarnation. D’ailleurs, dès le départ, on est saisi par la vision, à perte de vue, de cadavres et de têtes humaines embrochées sur des lances s’amoncelant sur un champ de bataille.
Samouraï Réincarnation adapte l’un des romans les plus connus du célèbre romancier japonais Futaro Yamada. Maintes fois adaptés à l’écran, l’histoire et les nombreux personnages s’inscrivent dans un contexte historique saisissant qui s’est déroulé au 17e siècle. Dans les domaines de Shimabara et d’Amakusa, la persécution des chrétiens s’était alors soldée par l’exécution de 37 000 fidèles. Le film débute juste après la tragédie. Shiro Amakusa (Kenji Sawada) revient des morts, se détourne de Dieu et fait appel à Satan afin de l’aider à rassembler une armée de fantômes pour se venger.


C’est Hideo Gosha qui est initialement prévu pour mettre en image l’histoire. Mais, après avoir travaillé une année au développement de Samouraï Réincarnation, le réalisateur est inquiété par la justice qui lui reproche de détenir illégalement des armes à feu. Kinji Fukasaku le remplace, il est alors au faîte de sa gloire. Révélé par le cinéma d’action, en particulier les films de gangsters comme Kamikaze Club (1968) ou Violent Panic – The Big Crash (1976), Kinji Fukasaku livre finalement un film beaucoup plus calme qu’à son habitude, même s’il s’entoure malgré tout d’acteurs phare du cinéma d’action comme Hiroyuki Sanada.
Les scènes de bataille et d’affrontements attendent toutefois le spectateur dans la seconde partie du film. Sonny Chiba fait son apparition à ce moment-là et nous gratifie, jusqu’au final, de différents combats au sabre. Les confrontations sur la plage puis dans un temple en feu devraient suffire à marquer les esprits. Film ambitieux, doté d’un budget conséquent accordé par la Toei, Samuraï Réincarnation connaîtra logiquement un joli succès public au Japon.
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Article rédigé par André Quintaine
Ses films préférés - Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks... Passionné de cinéma de genre, oeuvre également sur les blogs ThrillerAllee consacré au cinéma allemand et L'Écran Méchant Loup dédié aux lycanthropes au cinéma











