BROKEN DVD #2 – 2007

2007. Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis le DVD #1… Ça sent la frénésie et la gnaque, ça ! BROKEN fouille, cherche, produit et tire dans toutes les directions. Ce DVD #2 est également bien plus fourni en terme de contenu qu son prédécesseur, preuve s’il en est qu’en à peine plus d’un an l’association est loin d’avoir chômé. Jugeons sur pièce :

Quatre courts-métrages (dont un d’animation), deux démos pour des documentaires, un deuxième épisode de MORALACON (où l’on retrouve Maxime Gausset à la réalisation – Voir critique du DVD #1), un clip, deux bandes annonce et une fausse pub. Également des bonus avec en particulier, ce qui tend à devenir le sel de ces compilations, des making-of qui permettent de mesurer la « rudesse » des conditions de travail, l’enthousiasme et la décontraction des membres de cette petite structure stakhanoviste. Pas mal, non ?

Question courts, force est de reconnaître qu’on se retrouve face à des réalisations de qualité très inégale.

EL CORDOBES, de Mugli, nous parle de féminité et de féminisme mis en scène sous forme de corrida générationnelle confrontant une mère « gynécologue de proximité » et sa fille. 9MM de Julien Ralys (réalisé entre 2001 et 2007…) est une tentative de mise en garde contre l’influence néfaste de la tournure guerrière que prendrait notre société. EDOUARD LE VAILLANT, bricolé par les frères Denis, est un conte moyenâgeux façon Monty Pythons complètement barré et pour le moins foutraque, mais avec une qualité d’image et de son parfois à la limite du pénible (vidéo old-school oblige et/ou manque de maîtrise et de moyens ?…). Enfin, ROY UN JOUR (également dans le registre moyenâgeux) écrit et réalisé par Jean-Baptiste Gleizes, prend la forme d’une petite fable politique au propos foncièrement intemporel et qui fleure bon les premières tentatives dans le domaine de l’animation.

D’un point de vue esthétique, on constatera que c’est EL CORDOBES qui tire vraiment son épingle du jeu. Quand bien même il s’inspire de manière assez nette de l’univers formel, voire thématique, de Pedro Almodòvar, les divers aspects de la réalisation sont soignés et maîtrisés ; réalisation qui accouche (c’est le cas de le dire, au vu du scénario…) d’un produit de très bonne facture, avec des moyens probablement assez limités, mais tout compte fait bien gérés.

Toujours est-il que l’on assiste dans ce deuxième DVD, à la confirmation chez BROKEN d’un culte pour l’irrévérence et d’un goût pour les citations qui baigneront l’ensemble de leurs productions.

À ce propos, nous voyons ici aussi l’émergence de Matthieu Graufogel, alias The Famous FRANCIS CAÏBREL (que tout Youtubeur/tubiste/teubé aguerri connait maintenant par cœur et dont il apprécie le manque de limites) pour son premier clip : JE DEALE À MOURIR (ainsi que pour une fausse pub). Inutile de s’étaler sur les diverses productions passées à la postérité de l’individu forcené sus-cité, mais il est bon de souligner le fait qu’il est l’équivalent d’un véritable couteau Suisse au sein de l’association. Ce dont on se rend vite compte pour peu l’on soit un inconditionnel de la lecture des génériques de fin, et ce qui le rend d’autant plus appréciable et estimable. Jugez plutôt : Réalisateur, scénariste, acteur, cadreur, compositeur, à l’occasion technicien SFX… Entre autres.

Il est d’ailleurs à préciser que cette polyvalence est à l’évidence la marque de fabrique, la griffe de bon nombre de membres de BROKEN… Ça n’a pas de quoi titiller l’enthousiasme de tout cinéphage qui se respecte ça ?