Comrade Drakulich

Hongrie - 2021 - Márk Bodzsár
Interprètes : Ervin Nagy, Zsolt Nagy

En Hongrie, dans les années 70, un couple d’espions est chargé de découvrir le secret de l’éternité que semble posséder le héros de la révolution cubaine: Fabian Elvtars. Maria est chargée d’accompagner Fabian qui parraine une campagne de don du sang pour aider le Vietnam devant faire face aux États-Unis. Laci de son côté est chargé de surveiller Fabian et découvrir son secret, car celui-ci ne semble pas avoir vieilli depuis ces vingt dernières années. Rapidement, Laci réalise que Fabian profite de la collecte pour voler du sang qu’il dissimule dans une bouteille de soda à la framboise et craint que sa bien-aimée Maria ne soit tombée sous le charme du vampire !

Comrade Drakulich

Márk Bodzsár, le réalisateur hongrois, avoue sans ombrage qu’il a toujours aimé les films de vampire et a eu l’idée réussie de mêler ce thème au film d’espionnage. Ce cocktail saupoudré de comédie prend notamment grâce au jeu des acteurs.Lili Walters en est au début de sa carrière, mais a déjà suffisamment de charisme pour captiver le spectateur. Ervin Nagy à ses côtés, interprète Laci et offre son physique et sa force pour un rôle alliant à la fois naïveté et brutalité. Enfin, le soupçonné vampire est incarné par Zsolt Nagy au charisme imposant qui avait joué dans le précédent long métrage de Márk Bodzsár.

Le trio assez dynamique rejoue le somme toute classique triangle amoureux. Ce qui rend l’histoire originale est son contexte évidemment. Nous sommes en pleine URSS et le couple d’espions est lui-même espionné, par ses voisins qui veulent être de bons patriotes et par la hiérarchie qui est prête à tout afin d’offrir l’éternité aux chefs du parti. Cette hiérarchie est dépeinte avec un regard acerbe et parodique qui n’est pas sans rappeler LA MORT DE STALINE de Armando Iannucci sorti en 2017.

Comrade Drakulich

Le film s’accompagne d’une lumière et d’un cadre travaillés qui ne sont pas sans rappeler le travail effectué sur les OSS 117 notamment sur le premier, LE CAIRE NID D’ESPIONS de  Michel Hazanavicius. On y retrouve d’ailleurs le même humour piquant et peut-être même le duo improbable d’espions entre l’homme macho avec un attachement aveugle à sa patrie et la femme au regard plus critique, disons. Et comme le reboot des OSS, le film de Márk Bodzsár se montre assez critique envers son pays et son histoire.

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Enfin, et ce n’est pas une moindre chose, la bande sonore est constituée d’un rock pêchu qui accompagne cette critique du système communiste avec humour.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà