Dying breed

Australie - 2008 - Jody Dwyer
Interprètes : Nathan Philipps, Leigh Whannell, Billie Brown, Melanie Vallejo

Présenté aux Etats-Unis dans le cadre de L’After Dark Horrorfest, ce film des antipodes est le premier long-métrage de Jody Dwyer après plusieurs courts et la réalisation d’épisodes d’une série télévisée. A son générique, on retrouve celui qui est devenu un atout du cinéma de genre australien Leigh Whannell, auteur du premier et créateur de la franchise SAW avec son compère James Wan. Survival tourné dans les magnifiques mais inquiétants paysage de Tasmanie, au sud du continent, DYING BREED divise les publics depuis sa première projection.
Un couple de citadins australiens se rend en Tasmanie pour retrouver le mythique tigre qui évoluait sur l’île à l’époque de la colonisation. Mais c’est surtout pour la jeune zoologue du couple, l’occasion de faire enfin le deuil de la disparition de sa sœur, décédée mystérieusement dans cette région du globe huit ans plus tôt. Sur place, le couple retrouve des amis qui les conduisent au cœur de la forêt. Mais celle-ci, peuplée d’une faune inquiétante de descendants de bagnards irlandais, recèle des dangers imprévus.
Débutant sous les meilleurs auspices par un flash-back qui a à la fois le mérite de resituer dans l’Histoire la conquête de l’Australie et de la Tasmanie tout en assurant le spectacle, DYING BREED fait rapidement déchanter. Sur un scénario indigent au canevas certes passe-partout mais qui peut néanmoins parfois déboucher sur de bonnes surprises, le réalisateur enchaîne les stéréotypes de personnages, qu’ils soient les protagonistes principaux ou les inquiétants rednecks locaux. Comme dans tout survival, le bouseux est méchant, malin, vicieux, sale et hideux, les héros de jeunes gens tour à tour sympathiques et horripilants. Jusqu’ici, le terrain est connu mais le problème c’est que Jody Dwyer et ses scénaristes ne transcendent jamais ces clichés, ne s’amusent jamais avec et infligent au spectateur, avec un premier degré risible, trois premiers quart d’heure ennuyeux avant de déboucher sur une confrontation attendue mais malheureusement toujours désamorcée. Tout rebondissement est attendu, toute explosion de violence irrémédiablement prévue. Si l’on ne demande pas à tous les survival de renouveler le genre, un minimum d’envie de cinéma est à attendre de la part de ceux qui le font. Ce n’est ici malheureusement pas le cas, le réalisateur se reposant un peu trop sur d’excellents comédiens et des décors magnifiques que même la lumière terriblement plate de son chef-opérateur ne parvient pas à ternir. Alors certes, il s’agit là d’un premier film, tourné avec peu de moyens dans des conditions pas faciles et il serait injuste de se faire un avis définitif sur les capacités du jeune metteur en scène. Disons seulement que DYING BREED, qui s’annonçait comme une sympathique petite série B finit par flirter dangereusement avec un sinistre Z, mais sans l’humour inhérent à ce genre de productions. Gageons qu’avec un scénario à la hauteur, Jody Dwyer fera reparler de lui, cette fois en termes élogieux.


- Article rédigé par : Nassim Ben Allal