La Compagnie des Loups

Grande-Bretagne - 1984 - Neil Jordan
Titres alternatifs : The Company of Wolves
Interprètes : Sarah Patterson, Angela Lansbury, David Warner, Tusse Silberg, Micha Bergese, Brian Glover

LA COMPAGNIE DES LOUPS est sans aucun doute le film le plus connu et le meilleur de cette collection. Ce film d’auteur, qui puise son imagination dans le conte pour enfants afin d’illustrer le passage de l’adolescence au monde adulte, est un merveilleux film d’images.

Nous faisons la connaissance d’une jeune adolescente. Elle est en train de dormir et ses relations, visiblement tendues, avec ses parents et sa sœur aînée s’avèrent être source d’inspiration pour son rêve. Ainsi, nous la retrouvons dans un petit village moyenâgeux perdu au coeur d’une profonde forêt. Sa grand confidente reste sa grand-mère qui passe son temps à lui raconter des histoires dont la morale serait de ne pas s’éloigner du sentier sous peine de devenir une victime toute désignée des hommes loups.

LA COMPAGNIE DES LOUPS fonctionne parfaitement bien car il est tout simplement magnifique. Rarement un film de cinéma aura aussi bien su décrire l’ambiance des contes. Visuellement, le film est superbe et complètement envoûtant. On a vraiment l’impression d’être dans le Petit Chaperon Rouge. En étant plus terre à terre, il faut également noter que LA COMPAGNIE DES LOUPS bénéfice d’excellents effets spéciaux. Les scènes de transformation en loups-garous sont à ce titre incroyables et s’écartent également des canons délimités par des films comme HURLEMENTS ou LE LOUP-GAROU DE LONDRES.

Par la même occasion, LA COMPAGNIE DES LOUPS développe le mythe du lycanthrope et s’écarte de ce que l’on a l’habitude de voir dans les films du genre. Ici, il représente la bête avide et lubrique qui sommeille en l’homme. Cette bête qui cherche à se repaître et à abuser de la jolie brebis qui a eu l’inconscience de s’éloigner du sentier.

Près de 20 ans après, Le film de Neil Jordan reste une œuvre superbe et magique, intemporelle, à la fois cruelle et naïve, comme le sont les contes, d’ailleurs.
Malheureusement, on regrette amèrement que le dvd soit loin, très loin d’être à la hauteur de ce petit chef-d’œuvre. La bande-son anglaise est bonne et envoûtante, tout comme la VF d’ailleurs, mais l’image est vraiment très décevante. Alors que la qualité principale du film de Neil Jordan est sa photographie et ses décors, on ne peut que constater que l’image proposée ici est particulièrement fade. Les noirs sont gris et les couleurs délavées. Même la définition laisse à désirer et les scènes sombres font apparaître des fourmillements dus à une compression vidéo médiocre. Les bonus, quant à eux, sont également quelque peu ineptes et se limitent à des notes de productions et des filmographies que l’on trouve n’importe où sur Internet. Désolé de le dire mais le constat reste amer : il s’agit d’une bien triste édition pour un film qui mérite largement mieux.

Heureusement, le film a été remis à l’honneur par le Brussels International Fantastic Film Festival (BIFFF) qui, ouvrant sa 31e édition par BYZANTIUM, entourait l’événement d’une grosse rétrospective consacrée à Neil Jordan.

Retrouvez notre couverture du 31ème Brussels International Fantastic Film Festival (BIFFF).


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