Plague Town

USA - 2008 - David Gregory
Interprètes : Josslyn Decrosta, Erica Rhodes, David lombard, Lindsay Goranson, James Warke…

« Bon sang ne saurait mentir ! » Le thème de la famille dysfonctionnelle qui cherche à se rapprocher pour les vacances dans un cadre étranger est un leitmotiv dans le film de genre. De même, les victimes, dans ces mêmes films, ont souvent des problèmes de locomotion ; de préférence dans un endroit isolé, oublié de dieu et des hommes. En l’occurrence, dans la campagne irlandaise, dans un village maudit, au milieu de familles dégénérées. C’est le pitch de PLAGUE TOWN de David Gregory. Sa petite famille apparaît on ne peut plus normale quand on la compare à ces gens qui tuent ou enlèvent des étrangers afin de renouveler le sang maudit de leur lignée consanguine et ainsi contourner l’étrange maladie qui frappe et défigure dès leur naissance tous les enfants du village.
Cela sent à plein nez le film fauché, indépendant, celui d’un amoureux du cinéma de genre, plus connu pour ses documentaires. Il réalise avec PLAGUE TOWN son premier long, paru directement en vidéo chez Dark Side. Le manque de moyens réserve parfois de bonnes surprises et, en ce sens, on peut saluer l’atmosphère onirique, poétique, voire mystérieuse du film. Le réalisateur a pris grand soin de nous proposer une plongée dans une horreur stylisée, élégante et référencée. On pense alors à PHENOMENA de Dario Argento (1984) mais aussi à THE CARNAVAL OF THE SOUL (1962) de Herk Harvey, petit bijou terrifiant pour son atmosphère suggestive et angoissante avec un minimum de moyens. Le réalisateur emprunte son thème de la corruption familiale aux films gothiques de la Hammer, tout en proposant un détour chez la famille dégénérée des années 70 : LA COLLINE A DES YEUX de Wes Craven (1979) ou THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE (1974) de Tobe Hooper. PLAGUE TOWN est un film hommage, qui plonge ses racines artistiques dans ce que le genre a de plus raffiné en matière de sadisme.
Hélas, être fauché et plein de références ne suffit pas. Le scénario est le vrai problème du film, et ce en dépit de ses inspirations. La narration pêche par son absence de surprise. Les meurtres n’impressionnent pas et laissent une impression de déjà-vu, malgré des effets spéciaux soignés, comme celui où une pauvre victime est coupée en deux à la corde à piano. La présence des enfants mutants donne lieu à quelques maquillages originaux, celui de Rosemary en particulier, l’aînée de tout ce petit monde et qui tient l’affiche du film. Privilégier l’horreur psychologique quand le gore est à la mode est un parti pris intéressant. Il s’avère malheureusement difficile de trouver les personnages attachants car bien trop superficiels. Il est également malaisé d’avoir peur avec eux quand ils agissent de façon absurde. Le réalisateur passe à côté de bonnes idées de mise en scène, comme par exemple le paysan qui propose son aide et tire sans hésiter quand on la lui refuse ; sa victime qui se retrouve la moitié du visage arrachée, chez une famille mutante qui semble ne pas remarquer sa peau qui pend. Autant d’idées alléchantes qui tombent à plat à cause d’une mise en scène particulièrement paresseuse. Le réalisateur ne crée pas une réelle dynamique et fait retomber la tension par manque de rythme. Une belle promesse, pas tenue…


- Article rédigé par : Descamps Nattie

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