The american way

USA - 1986 - Maurice Phillips
Titres alternatifs : Riders of the Storm
Interprètes : Dennis Hopper, Eugene Lipinski, Michael J. Pollard

Les membres d’équipage d’un Boeing B-29 Superfortress transmettent une radio pirate durant la guerre du Vietnam. Rentrés de la guerre, ils décident de monter une station de télévision pirate dans leur vieux coucou. Afin d’échapper aux autorités, ils ne se posent jamais au sol, se faisant ravitailler par leur jeune et robuste caméraman et leurs alliés au sol. Quand les présidentielles approchent, ils décident d’empêcher l’élection à la Maison-Blanche d’une candidate de droite au discours militariste.

Première réalisation de Maurice Phillips, THE AMERICAN WAY rassemble un casting de haute volée avec Dennis Hopper, une apparition de Ozzy Osbourne, et une bande son assez démente comportant Jimmy Hendrix, David Bowie ou encore Alice Cooper. Pourtant, en dépit de tous ces éléments, et du fait que ce soit une comédie assez décoiffante, le film a quasiment disparu. Jamais sorti en DVD en France, il est difficilement trouvable sur le sol français. De fait, il a été en partie oublié. Pourtant, il avait été récompensé au festival d’Avoriaz en 1987.

THE AMERICAN WAY est un film punk dans son essence. Ses personnages principaux le sont littéralement, le jeune caméraman en tout cas adopte un look punk. Les accompagnant, une bande originale très rock’n’roll a sans doute valu au film un parcours de distribution par la suite difficile (les droits d’auteurs étant trop coûteux pour qu’on puisse ressortir le film). Entre le heavy métal et le Hard rock qui accompagnent nos personnages, les tenues assez incroyables qu’ils portent, les dialogues et quelques scènes sulfureuses, tous ces ingrédients en font une véritable pépite pour les amateurs de rock et de critique de l’Amérique de Reagan.

En effet, le film nous propose une galerie de personnages hauts en couleurs, du capitaine campé par Dennis Hopper qui cabotine joyeusement, au pilote complètement fou qui pense voir des fantômes dans le radar, jusqu’à leur antagoniste qui a un faux air de Donald Trump même si, à l’époque, c’était plutôt une critique de Ronald Reagan. Si l’on retrouve bien une critique anti-militariste post Vietnam assez semblable à celle des films d’Oliver Stone, le film n’est jamais totalement sérieux. Une séquence assez foudroyante montre tout de même un ancien soldat vietnamien chevaucher une bombe, référence évidente à DOCTEUR FOLAMOUR. Tout jusqu’au dénouement final est tourné vers l’autodérision. Jamais le film ne se prend réellement au sérieux, ne serait-ce que par l’impossibilité du pitch de départ. Un avion pirate qui ne se pose jamais…

Certes, le ton du film est assez incisif, et la critique de la société américaine en sous-texte bien présente, mais au vu du ton général, et de l’incrédibilité de l’entièreté du scénario on l’imagine plus inoffensif que THEY LIVE de John Carpenter qui lui aussi par son aspect fantastique garde la critique sociale et politique en sous-texte. Alors on se demande si c’est pour son aspect politique que le film a disparu ou pour d’autres raisons, plus économiques.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà


=> Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons ce lien.