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L’Homme sans mémoire (1974) – Puzzle sanglant

Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

Nationalité
Italie
Année de production

1974
Réalisation

Duccio Tessari
Titres alternatifs

L'uomo senza memoria, La trancheuse infernale, Puzzle
Interprètes

Luc Miranda, Santa Berger, Anita Strindberg, Umberto Orsini, Bruno Corazzari

Réalisé lorsque le cycle du giallo touchait à sa fin, L’HOMME SANS MEMOIRE n’en retient finalement que l’un ou l’autre élément. Le métrage se rapproche davantage d’un thriller paranoïaque et labyrinthique (d’où l’un des titres internationaux : « Puzzle ») sur le thème, souvent usité, de l’amnésie.

L'Homme sans mémoire 04
L'Homme sans mémoire 03

En Angleterre, Ted (Luc Méranda) perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture. Déboussolé et ignorant son identité, il reçoit un télégramme de son épouse, Sara (Senta Berger), qui l’invite à la rejoindre en Italie. Sur place, Ted tente de retrouver les bribes de son passé, apparemment peu reluisant. Le consensus général ? C’est une véritable crapule. Au fil de ses investigations, Ted rencontre une vieille connaissance, George (Bruno Corrazani), avec lequel il aurait jadis manigancé divers trafics louches. George, d’ailleurs, refuse de croire à l’amnésie de Ted, persuadé qu’il s’agit d’une manigance pour échapper aux ennuis. Il insiste pour récupérer son magot, un million de dollars de drogue, dérobé par Ted. Ne pouvant obtenir ce qu’il désire, George menace de tuer Sara. Ted comprend qu’il devra jouer serrer pour s’en sortir vivant.

Classique, L’HOMME SANS MEMOIRE joue avec les codes du giallo mais sans réellement s’y plonger. On y trouve une intrigue complexe, un photographe sorti de chez Dario Argento (ou Antonioni), une jeune beauté en détresse et un final sanglant où intervient une tronçonneuse. Mais le spécialise Ernesto Gastaldi s’éloigne des tueurs vêtus de cuir noir pour accoucher d’un thriller plus traditionnel. L’essentiel de l’intrigue réside donc dans les tentatives de recouvrement mémoriel du principal protagoniste, incarné par le Français Luc Miranda. Ce-dernier a débuté dans le rôle du fameux Hubert Bonnisseur de la Bath dans OSS 117 PREND DES VACANCES avant de fréquenter de nombreux films populaires italiens comme SALUT LES POURRIS, POLICES PARALLELES ou TORSO.

L'Homme sans mémoire 02

La convaincante Senta Berger, comédienne autrichienne à la filmographie pléthorique, campe, pour sa part, son épouse. Un rôle proche de celui qu’elle jouait, six ans plus tôt, dans le DIABOLIQUEMENT VOTRE de Julien Duvivier mettant en vedette un Alain Delon lui-aussi amnésique. Ce dernier film, par ailleurs, se rapprochait davantage d’un « authentique » giallo de machination. Car L’HOMME SANS MEMOIRE déroule une intrigue dont le spectateur devinera rapidement les grandes lignes. La science d’Ernesto Gastaldi permet toutefois de suivre le long-métrage sans ennui. Quelques rebondissements bienvenus relancent l’intérêt du récit avant un final nettement plus énergique.

Durant les dix dernières minutes, les influences giallesques se font plus présentes et anticipent même le slasher. La demoiselle en détresse se défend, en effet, contre l’assassin enfin dévoilé et armé d’un rasoir en empoignant une petite tronçonneuse. Cette scène, gratuite mais indéniablement efficace, valut au film une sortie dans les salles françaises (en mars 1978) sous le titre LA TRANCHEUSE INFERNALE, les distributeurs surfant, de façon opportuniste et mensongère, sur le succès antérieur de MASSACRE A LA TRONCONNEUSE.

L'Homme sans mémoire 01

Au niveau de la mise en scène, Tessari se montre sobre, peut-être même un peu trop : le film, lisse, manque de folie, d’originalité ou de trouvailles visuelles ce qui l’éloigne encore davantage du giallo flamboyant de ses confrères. Certes, le cinéaste se permet l’une ou l’autre scène typiques des seventies (des flashbacks ambigus destinés à brouiller les pistes, une utilisation pas toujours concluante du ralenti, notamment lors du climax) mais sans vraiment dynamiser un récit qui peine à générer les frissons souhaités. On a connu le cinéaste plus inspiré, que ce soit dans le péplum (l’excellent et semi parodique LES TITANTS), le western (la duologie RINGO) ou l’espionnite (TRES HONORABLES CORRESPONDANT). Ses deux tentatives ultérieures de thrillers « giallesques », LA MORT REMONTE A HIER SOIR et UN PAPILLON AUX AILES ENSANGLANTEES, ne se hissent pas, eux non plus, au-dessus de la mêlée, sans être désagréable pour autant.

Un jugement qui prévaut également pour cet HOMME SANS MEMOIRE quelque peu mollasson mais qui se situe cependant dans la moyenne des thrillers européens des seventies. Sa manière d’éviter les clichés du giallo en rend sa vision intéressante pour les férus du « filone » qui désire en explorer les voies de traverse. Malgré un rythme défaillant et un manque rédhibitoire de frissons, l’ensemble se visionne donc sans déplaisir.


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BANDE ANNONCE :

Article rédigé par Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés - Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer - Ses auteurs préférés - Graham Masterton, Christophe Lambert, Thomas Day, Stephen King, Clive Cussler, Paul Halter, David Gemmell