Baby Face 2

Etats-Unis - 1986 - Alex De Renzy
Interprètes : Jamie Gillis, Stacey Donovan, Taija Rae, Lois Ayres, Candie Evans, Tom Byron, Marc Wallice

Un groupe de copines organise une réception en l’honneur d’une des leurs qui va se marier. Cette fête est évidemment réservée à la gente féminine, et de ce fait les « boyfriends » n’y sont pas conviés. Pour cette grande occasion, les filles ont loué les services d’un stripteaseur. Celui-ci, caché dans un gâteau géant, fait donc son apparition lors de la soirée. Son apparence pour le moins négligée et son discours incohérent provoquent la raillerie de nos demoiselles. Se sentant offensé, l’effeuilleur profère alors une incantation qui a pour effet de déchainer les éléments au sein de la maison, mais surtout de transformer ses hôtes en nymphomanes. Une frénésie sexuelle s’empare de tout ce beau monde, dans une orgie démentielle contrôlée par un maître de cérémonie exploitant ses pouvoirs surnaturels pour mieux assouvir ses perversions.
Sept ans après « BABY FACE », Alex De Renzy se lance dans une suite qui, en fait, n’entretient pas le moindre rapport avec son excellent long métrage de 1977. Les années 80 ont balayé la précédente décade, prodigieuse à plus d’un titre, et une nouvelle génération d’acteurs est arrivée. Seul trait d’union entre ces deux décennies, Jamie Gillis, l’une des figures les plus marquantes du porno américain, poursuit sa longue et brillante carrière, jouant désormais avec des acteurs et actrices qui auraient presque l’âge d’être ses enfants.
Autant l’avouer, sans la présence de ce personnage emblématique que fut Jamie Gillis, « BABY FACE 2 » ne serait qu’un banal porno, tout juste sauvé par la présence de très belles hardeuses apparues dans le milieu du X durant la première partie des années 80, à savoir Taija Rae, Lois Ayres, Stacey Donovan ou encore Kristara Barrington. C’est la génération « Traci Lords », et d’ailleurs la plupart des actrices citées plus haut auront eu l’occasion de la côtoyer dans certains classiques de cette période : Kristara Barrington dans « NEW WAVE HOOKERS », Stacey Donovan (« 39°5 LE SOIR ») ou encore Lois Ayres (« MA PETITE SŒUR CHERIE »). Idem en ce qui concerne les garçons de ce « BABY FACE 2 », à savoir les prolifiques Marc Wallice et Tom Byron (qui fut d’ailleurs à une époque le colocataire de Traci Lords). Jamie Gillis, quant à lui, aura également rencontré Traci en plusieurs occasions (d’ailleurs, quelle actrice porno américaine n’a-t-il pas connu ?).
« BABY FACE 2 » se divise en fait en deux parties : l’avant-réception, qui présente les différents protagonistes, et la fameuse soirée virant à l’orgie. Cette seconde partie est la plus intéressante, essentiellement grâce à la présence de Jamie Gillis, mal rasé et affublé d’un marcel tâché qui le fait ressembler au « Gros Dégueulasse » de la BD de Reiser. Il faut le voir, le cigare au bec, une canette de bière à la main, riant et grimaçant, sortant du gâteau tel un diable surgissant de sa boîte. Niveau effets spéciaux, il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais Alex De Renzy a su créer une ambiance, grâce à des éclairages soignés et une musique d’atmosphère assez planante. Le film reste néanmoins un X conventionnel, dans lequel le réalisateur apporte toutefois une touche d’humour, par le biais de clins d’œil au premier opus. Tout d’abord, une affiche du premier « BABY FACE » est visible sur le mur du salon où se déroule l’orgie (il est à noter que De Renzy récidive, puisqu’on trouvait aussi des affiches de ses précédentes réalisations dans « BABY FACE »). Et puis, le film se conclut par le retour de la propriétaire de la maison, qui n’est autre que Marion Eaton. Dans « BABY FACE », elle se vengeait de Dan Roberts (soupçonné d’avoir violé sa fille) en l’enroulant telle une momie dans du film plastique (pour mieux le castrer par la suite). Là, elle « remet le couvert », et c’est Jamie Gillis qui se retrouve saucissonné, plutôt dans la joie et la bonne humeur, et histoire de finir sur le coup classique de l’arroseur arrosé.
Bref, ce « BABY FACE 2 » est loin de valoir l’original, mais certains passages parviennent à retenir l’attention du spectateur, ceci grâce à l’indéniable savoir faire de son metteur en scène.


- Article rédigé par : Philippe Chouvel
- Ses films préférés : Femina Ridens, Les Démons, Danger Diabolik, L’Abominable Docteur Phibes, La Dame Rouge Tua 7 Fois