Calibre 32

Italie - 1967 - Alfonso Brescia
Titres alternatifs : Killer calibro 32
Interprètes : Peter Lee Lawrence, Agnès Spaak, Lucy Scay, Hélène Chanel, Massimo Righi, Andrea Bosic, Alberto Dell'Acqua

Alfonso Brescia n’est sans doute pas le plus réputés des cinéastes ayant œuvré dans le bis italien. On le connait aujourd’hui pour ses pitoyables space-opéras lancés dans le sillage de STAR WARS : LA GUERRE DES ROBOTS, STAR ODYSSEY, LA BATAILLE DES ETOILES ou le porno / SF LA BESTIA NELLO SPAZIO. Précédemment le bonhomme avait besogné dans tous les genres en passant de l’érotisme (LA VIE SEUXELLE DE DON JUAN, LE MANOIR AUX FILLES ou LA VIE EROTIQUE D’HELENE DE TROIS) au péplum (LE GLADIATEUR MAGNIFIQUE) et, bien sûr, au western. Dans ce domaine il a proposé une petite poignée de titres comme LE COLT C’EST MA LOI ou FURIE AU MISSOURI. Daté de 1967, CALIBRE 32 est une honnête production au schéma narratif classique.

Des diligences sont régulièrement dévalisées à proximité de Carson City. Lors du dernier hold-up, une des passagères reconnait un des bandits et ceux-ci n’ont d’autres choix que d’abattre tous les témoins. Devant cette escalade de violences, les notables de la ville décident de recourir à Silver, un tueur à gages décontractés. Ce-dernier accepte, contre deux milles dollars par tête, de supprimer toute la bande de voleurs. Encore faut-il les démasquer…

Peter Lee Lawrence reste un des meilleurs comédiens du western spaghetti. Décédé d’un cancer en 1974 (il était alors âgé de 30 ans), sa carrière fut brève mais comporte de nombreuses réussites. CALIBRE 32, tourné à ses débuts (il s’agit de son quatrième western) lui donne l’occasion de démontrer ses talents dans le rôle de Silver. Econome de mots, décontracté, séduisant, élégant, il pousse ses adversaires à dégainer pour les abattre en légitime défense et ensuite encaisser la prime. Pour se différencier de la masse, il utilise un pistolet calibre 32 chargé de balles d’argent, du moins pour supprimer les criminels qui méritent un traitement particulier. Car, quoiqu’il se fasse grassement rémunéré, Silver possède un sens de l’honneur et tue uniquement des criminels. Gentleman, il insiste pour être appelé Monsieur Silver et exige que ses interlocuteurs ôtent leur chapeau pour lui adresser la parole. Et d’un ton courtois ! Toujours calme, Silver gagne toutes ses parties de poker avec une chance insolente mais sans recourir à la tricherie. Il verse de l’alcool directement dans sa bière et ne se laisse jamais distraire, même par les belles entraineuses de saloon. Quel fan de spagh’ pourrait ne pas apprécier un tel héros ? Le scénario, de son côté, se montre moins innovant : sans surprise, il recourt aux ressorts du « policier d’énigme » pour maintenir l’intérêt. Qui est le méchant chef des bandits, lequel n’hésite pas à supprimer ses complices pour sauvegarder son anonymat ? Silver parviendra-t-il à l’identifier ? Et à échapper aux manigances d’un traitre ? Tout cela ne fait, évidemment, aucun doute. Bien sûr, l’identité du coupable ne surprend personne et l’enquête repose davantage sur les poings du héros que sur ses petites cellules grises. Mais qu’importe, le spectateur passe un bon moment et Brescia soigne le rythme de son métrage : beaucoup de coups de poings, de fusillades et de scènes d’action ponctuent l’intrigue.

Si le ton se veut sérieux, le cinéaste glisse néanmoins quelques notes d’humour et orchestre une bagarre de saloon assez bouffonne à mi-parcours. La Française (au nom de star du X) Hélène Chanel, vue dans MACISTE EN ENFER ou LE GRAND DEFI, apporte pour sa part les atouts charmes indispensables tandis qu’Andrea Bosic (LE RETOUR DE KRIMINAL, DANGER : DIABOLIK !) campe le banquier ayant engagé notre héros. Enfin, la musique de Robby Poitevin, typique du style « italien », berce efficacement l’ensemble. Néanmoins, les meilleurs passages réutilise un très célèbre thème de Morricone, composé trois ans auparavant pour MON COLT FAIT LA LOI.

Dans l’ensemble, CALIBRE 32 se révèle fort plaisant. S’il ne risque pas d’intégrer beaucoup de « top » du western à l’italienne et ne peut rivaliser avec les classiques du genre, le film s’inscrit fermement dans les bonnes surprises de la seconde division. Les amateurs peuvent donc s’y risquer sans crainte.


- Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato
- Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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