Dict Tracy vs Crime Inc

USA - 1941 - John English, William Witney
Interprètes : Ralph Byrd, Michael Owen, Jan Wiley, John Davidson

Filmé en un peu plus d’un mois durant l’automne 1941 (pour une sortie lors des fêtes de fin d’années), DICK TRACY Vs CRIME Inc constitue le quatrième et dernier serial consacré au célèbre détective produit par la Republic. Ralph Byrd y reprend le rôle qu’il avait créé quatre ans plus tôt dans un premier serial bien accueilli, DICK TRACY. Rapidement, deux séquelles furent proposées: DICK TRACY’s RETURNS et le très nerveux DICK TRACY’s G MEN. Pour cette quatrième livraison, la Republic ne prend aucun risque et confie la réalisation au dynamique duo du serial, William Witney et Johnny English (THE LONE RANGER, ZORRO’s FIGHTING LEGIONS). Le film se divise en quinze chapitres d’égale longueur (un gros quart d’heure) excepté le premier épisode, double, d’une demi-heure. Soit, en tout, près de quatre heures de poursuites échevelées et de bagarres rondement menées. A noter que le film ressortit quelques années plus tard sous une appellation trompeuse : DICK TRACY Vs THE PHANTOM EMPIRE.

Comme la majorité des serials, DICK TRACY Vs CRIME Inc traite de l’affrontement entre un super méchant, ici surnommé le Spectre, et un agent des forces du bien, à savoir le fameux détective Dick Tracy. Le Spectre possède à sa disposition un impressionnant arsenal qui comprend, entre autre, une machine révolutionnaire capable de le rendre invisible. Un atout indéniable pour accomplir ses sinistres exploits. Durant quinze chapitres, Dick Tracy va cependant lui damner le pion et déjouer, un par un, ses plans machiavéliques.

Rien de nouveau sous le soleil du serial puisque le métrage devient rapidement répétitif et se contente de placer, en fin d’épisode, l’enquêteur en bien mauvaise posture. Ces inévitables cliffhangers rappelleront probablement des souvenirs aux spectateurs des précédents serials consacrés à Dick Tracy puisqu’ils sont « empruntés » à ces épisodes antérieurs, transformant DICK TRACY Vs CRIME Inc en véritable « best of » de la saga. Pour la séquence de destructions massives du premier chapitre, les réalisateurs puisèrent simplement dans une production de science-fiction tournée en 1933, DELUGE. Des images de tsunamis dévastateurs d’ailleurs encore réutilisées dans le serial KING OF THE ROCKET MEN à la fin des années ’40. Malgré ces procédés quelque peu malhonnêtes (quoique courants dans le monde du serial où le manque d’argent était compensé par la débrouillardise voire la roublardise), DICK TRACY Vs CRIME Inc reste un des meilleurs serials de cette époque, souvent considéré comme la plus réussie des « versions à épisodes » de Dick Tracy.

Le détective, pour sa part, revint sur les écrans en 1945, sous les traits de Morgan Conway, dans un long-métrage nommé DICK TRACY, DETECTIVE, suivi par DICK TRACY Vs CLUEBALL. Pour beaucoup, néanmoins, Ralph Byrd restait l’incarnation définitive et idéale du personnage crée par Chester Gould. Byrd accepta donc de le camper à nouveau dans deux séries B, DICK TRACY’s DILEMNA et DICK TRACY Vs GRUESOME, le plus efficace de la saga puisque l’adversaire du détective n’était autre que Boris Karloff. Enfin, Byrd reprit encore le rôle pour une brève série télévisée lancée au début des fifties et tourné avec des moyens rachitiques. La mort de l’acteur, qui succomba à une crise cardiaque à seulement 43 ans, enterra la série. Excepté quelques dessins animés et un pilote pour une nouvelle série télévisée avortée, lancée fin des années ’60 dans le sillage de Batman et du Green Hornet, il faudra attendre la version de Warren Beatty pour retrouver Dick Tracy sur les écrans.

En dépit de son caractère répétitif, voire usant (mieux vaut, comme souvent, ne pas visionner les chapitres à la suite !), DICK TRACY Vs CRIME Inc demeure un plaisant serial avec tous les ingrédients essentiels au genre : poursuites en voiture, combats à mains nues, inventions délirantes, intrigues policières saupoudrées d’une touche de science-fiction et pièges mortels qui attendent le héros au terme de chaque épisode. Nostalgie en force !


- Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato
- Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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