Je Suis Une Nymphomane

Après une chute et un traumatisme crânien, une jeune femme frigide se découvre nymphomane. Terrifiée par les besoins de son corps, elle se sent démunie, ne sachant comment soigner cette maladie.

Max Pécas est un des grands noms des comédies sexy française. Il réalise et co-scénarise ce film, aidé en cela par Claude Mulot, autre spécialiste du genre. Son actrice principale est la ravissante Sandra Julien, qui rejouera avec Max Pécas l’année suivante dans JE SUIS FRIGIDE… POURQUOI ? Qui sonne comme le contraire de JE SUIS UNE NYMPHOMANE.

Dès les premières minutes, Max Pécas nous plonge dans son ambiance, rythmé par la voix off de Daniela (incarnée par Sandra Julien) qui pose l’ambiance de ce Nice des années 70, caricatural jusqu’au bout des ongles. Une famille frigide et dénuée d’amour ont rendue l’héroïne apathique, elle travaille dans un cabinet, avec son fiancé qui l’indiffère, et le neveu de son patron est un dragueur impénitent cherchant à la séduire. Bien sûr, la plage est hantée par des hippies faisant l’amour libre aux vues de tous. Immédiatement, le spectateur découvre que le jeu d’acteur est quelque peu bâclé, les personnages se déplaçant sans grande expression, et que, quand Sandra Julien parle en voix off, révélant ses pensées, elle lit laborieusement un texte.
L’histoire se révèle d’une part assez rigolote, avec cette chute qui transforme le personnage en nymphomane pathétique. Ledit moment est un des grands instants du film, où l’héroïne, après avoir appelé un ascenseur, voit un homme dont elle tombe en un instant amoureuse et, ne regardant pas où elle marche, chute, l’ascenseur n’étant pas là. C’est à cet instant qu’apparaît la thématique principale du film, à savoir que le sexe c’est le mal. La nymphomanie en général et le désir sauvage en particulier, ne peuvent que conduire à sa perte. Les personnes aimant le sexe ne peuvent ainsi qu’être soit des âmes égarées, voir perdues, soit des manipulatrices sans âme cherchant à pervertir l’innocence. C’est de cette manière que Carole va perdre pied. Son fiancé la fuit en l’insultant quand il découvre son désir, ses parents la chassent chez la sœur de son père, qui va la manipuler et la pervertir encore plus, jusqu’à ce qu’elle continue à s’enfoncer dans les abysses de l’horrible passion. Elle recherche ainsi d’une part toutes les solutions possibles pour se sauver, et d’autre part continue à attirer les pervers et personnages de mauvaise vie, jusqu’à, bien sûr, un sauvetage in extremis.
Cette thématique hypocrite pour un film érotique (il ne s’agit pas ici de sexy comédie) permet à Max Pécas de filmer diverses scènes érotiques, toujours sur fond musical de trompettes assourdies. Masturbation de l’héroïne (séquence la plus réussie du film, Sandra Julien étant superbe et mimant assez bien le désir incontrôlable), séquences lesbiennes, parties fines (le décor et les costumes sont assez hallucinants et difficilement oubliables), et bien d’autres scènes de sexe, plus ou moins bien filmées, plus ou moins bien jouées, apparaissent devant les yeux des spectateurs. Il ajoute quelques séquences oniriques, et des moments troublés vus à travers un prisme, le tout n’étant certes pas très bien réussi mais montrant une volonté d’essayer quelque chose d’un tant soit peu original.
Au final, JE SUIS UNE NYMPHOMANE est un film érotique assez classique, un peu hypocrite, mais qui se laisse regarder sans déplaisir, jusqu’à sa fin prévisible et amusante.