Ambiguous

Un texte signé Jérôme Pottier

Japon - 2003 - Toshiya Ueno
Titres alternatifs : Waisestsu Netto Shuudan : Ikasete !!!
Interprètes : Hidehisa Ebata, Nikki Sasaki, Noriko Murayama, Rumi Hoshino

Toshiya Ueno est un réalisateur nippon assez peu connu, sa fiche IMDB est même sacrément vierge. Par exemple, il y manque WAISESTSU NETTO SHUUDAN : IKASETE !!!, une bobine de 2003 dont le titre anglais est AMBIGUOUS. Ce Pinku choisit d’aborder un thème qui préoccupe plus particulièrement le public japonais : le suicide.
En effet, dans cette pelloche, un artisan célibataire qui n’arrive pas à trouver chaussure à son pied, une femme battue par un mari qui ne veut pas lui faire d’enfant, une étudiante qui tente vainement d’exister en se soumettant à des hommes plus âgés, une actrice AV qui rêve d’une relation plus stable et un serveur quasi-autiste se retrouvent dans une bicoque pour un suicide collectif décidé par tchat.
Toshya Ueno choisit de soigner sa réalisation et cela malgré un budget que l’on devine étriqué, ainsi il utilise à merveille la DV, plus particulièrement lors d’une série de plans qui réunit tous les protagonistes dans une même pièce pour leur suicide. Toutefois, son talent de metteur en scène ne suffit pas à rendre passionnant un film dont les thématiques demeurent très nippo-centrées. En effet, il est difficile au public occidental de comprendre ce fléau qui gangrène le Japon. Une île dont la culture passionne les peuples du ponant tout en leur demeurant particulièrement hermétique.
Ainsi, malgré des personnages plutôt bien caractérisés et interprétés, le spectateur s’avère peu préoccupé par le sort de ces asociaux qui ne ressemblent en rien à leurs homologues des pays du soleil couchant. Le pire, c’est que même les scènes érotiques sont peu captivantes : le comble pour un pinku ! Le sexe est ici représenté comme triste et, il faut bien l’avouer, peu excitant. C’est, bien évidemment, une volonté du metteur en scène qui choisit d’illustrer sa dénonciation d’une société aux rapports sociaux superficiels voire inexistants à travers des relations charnelles désincarnées. Le cinéphile comprend fort bien la portée sociologique qu’a pu avoir ce pinku singulier dans sa patrie d’origine mais il s’ennuie ferme devant cet AMBIGUIOUS. Il n’est pourtant pas impossible de pondre un film accessible sur le sujet, à l’image du travail passionnant de Sono Shion avec SUICIDE CLUB en 2002.


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- Article rédigé par : Jérôme Pottier

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