Raspoutine le Moine Fou

Dostoïevski avait dit qu’il était capable de s’emparer de votre âme et de votre volonté afin de satisfaire les siennes. Fils d’un voiturier, Grigori Efinovitch surnommé Raspoutine qui signifiait homme paillard/fornicateur, séjourna dans un cloître dont les moines pratiquaient d’étranges cérémonies. Raspoutine en tira la conclusion que Dieu l’avait élu afin de prêcher la bonne parole et d’accomplir des miracles sur des malades ! Très vite il fut accueilli à la cour du Tsar et devint un personnage populaire. Mais ses ambitions et son insolence lui attirèrent des ennemis. On décida de l’empoisonner. Lors d’un repas, du cyanure fut versé dans son vin et sur ses gâteaux. Malgré la forte dose, Raspoutine luttait bien contre le terrible poison et il fallut finalement 4 balles de pistolets pour le tuer. Son corps fut jeté dans une rivière glacée à l’Ile Neva.
En 1966, Don Sharp met en scène le somptueux RASPOUTINE LE MOINE FOU. Pour les acteurs, Don Sharp emploie Richard Pasco et se sert du casting de DRACULA PRINCE DES TENEBRES. Nous retrouvons donc Christopher Lee, Barbara Shelley, Susan Farmer et Francis Matthews. Il utilise également les mêmes décors et la tsarine hérite donc de la forêt et du château de Dracula.
Christopher Lee s’offre un superbe rôle grâce à ce personnage rabelaisien qui ne pensait qu’à festoyer et à forniquer. On peut affirmer que son interprétation est très proche de celle de Dracula. Ici, Raspoutine hypnotise ses victimes et les manipule selon son bon plaisir. Pour parvenir à ses fins, il se sert d’un ancien docteur devenu alcoolique et en fait sa victime.
Don Sharp nous transporte à St. Petersburg où la haute aristocratie danse au son de la valse du Casse Noisette. Barbara Shelley est merveilleuse et incarne Sonia la demoiselle d’honneur de la Tsarine qui deviendra la maîtresse de Raspoutine et qui périra par la volonté diabolique du moine fou. Par rapport à DRACULA PRINCE DES TENEBRES où elle était une Anglaise très coincée, notre Barbara se laisse ici aller et dévoile agréablement son corps à nos yeux.
Le scénario écrit par John Elder respecte la biographie du personnage sauf pour la séquence finale qui ne fait pas mention d’une arme à feu. L’œuvre est malgré tout splendide avec une photographie colorée de Michael Reed, les somptueux décors de Bernard Robinson et une bande-son signée Don Banks qui livre ici une partition musicale digne de celles qu’il a composées pour L’EMPREINTE DE FRANKENSTEIN ou LA FEMME REPTILE. Mésestimé, RASPOUTINE LE MOINE FOU demeure une oeuvre majeure dans la filmographie de Don Sharp auteur de nombreux Fu Manchu avec Chris-topher Lee. N’oublions pas qu’il est également l’auteur du fabuleux BAISER DU VAMPIRE qu’il réalisa l’année précédente, ainsi que du troisième opus de la “Mouche”, CURSE OF THE FLY, un bien curieux film de science-fiction.