The Witches Hammer

A la lecture de sa filmographie, James Eaves apparaît d’emblée comme un réalisateur éminemment sympathique. Fan absolu si ce n’est geek ultime de fantastique et d’horreur, il place sa carrière sous le signe du genre. Son premier film, SANITARIUM, tourné en vidéo en 2001 est sa première déclaration d’amour à un genre auquel il reste fidèle. Pour sa quatrième réalisation (son cinquième film est prévu pour 2008), Eaves ne change pas la recette et écrit et réalise une petite série B mâtinée de Z on ne peut plus jouissive.
Rebecca est une jeune femme lambda dont la vie tourne autour de sa vie de famille et de son travail. Un soir, tout bascule : agressée alors qu’elle rentre chez elle, elle décède suite à une mauvaise chute. La fin ? Non, ce n’est pour elle que le début d’une aventure hors-normes : récupérée par une organisation secrète, elle est régénérée et transformée en vampire ogm-isée.
Isolée de sa famille qui la croit morte, devenue une farouche guerrière, elle mène des missions pour cette organisation. Mais le jour où ses employeurs sont décimés par une nouvelle race de vampire, Rebecca crie vengeance et un étrange groupuscule se propose de l’aider si elle récupère un vieux grimoire…
THE WITCHES HAMMER est avant tout un fourre-tout d’influences diverses, brassant de nombreuses mythologies issues de la littérature et du cinéma. Parfois maladroit mais toujours sincère, c’est un véritable petit bout de péloche de genre tourné pour un très faible budget au parti-pris totalement assumé de bout en bout. Conscient de ses propres limites et de celle de sa bourse, son réalisateur va toujours à l’essentiel ce qui fait que le film enchaîne les morceaux de bravoure sans aucune temps mort : bagarre chorégraphiées, envolées sanglantes et exécutions variées de vampires belliqueux se suivent sans pour autant se ressembler, le tout sur un ton premier degrés qui n’oublie jamais les pointes d’humour.
Empli de bonnes petites idées comme ces grenades pleines d’eau bénite qu’utilise l’héroïne ou cette séquence de torture vampirique dans un salon de bronzage, le film est conçu dans l’optique d’apporter un maximum de plaisir au spectateur qui a vu beaucoup de films de suceurs de sang.
Souvent cadré en plans serrés, THE WITCHES HAMMER n’oublie jamais d’être spectaculaire et y parvient, se payant même le luxe d’effets numériques, certes un peu trop proches du jeux vidéo, mais qui atteignent néanmoins leur cible car intelligemment utilisés.
Au rayon des menus défauts techniques du film, on retrouve également quelques soucis sonores ainsi que des problèmes de visibilité lors des scènes de nuits filmées en extérieur. Si les décors font particulièrement fauchés et semblent tout droit sortis d’un Jess Franco, ils sont néanmoins intelligemment cadrés pour qu’on ne s’y attarde pas. De toute façon, le film est tout le temps dans l’action et ce petit manque se fait surtout ressentir dans les locaux de l’organisation secrète.
James Eaves parvient ainsi à prendre ses distances avec ses influences et ne se retrouve pas étouffé ni écrasé par ses illustres prédécesseurs, livrant ainsi avec THE WITCHES HAMMER un petit film agréable, sincère et jamais arrogant, bref, comme on aimerait en voir plus souvent.