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Durant l’année 1966, le cinéma fantastique, spécialement celui de la Hammer, fascine les Japonais. La Daiei y voit une occasion de ramener une troisième fois Gamera sur le grand écran. Après le succès en demi-teinte de Gamera contre Barugon, le studio décide de changer encore de formule. La Daiei rappelle Noriaki Yuasa, le réalisateur du premier film. Gamera devient officiellement un héros et le regard enfantin revient. Ce nouvel opus marque la première apparition de sa principale némésis, Gyaos. Le studio se trouve à cette époque en crise, il doit donc réduire le budget.


Les dangers de l’industrialisation
Comme dans les deux premiers longs métrages, l’œuvre parle de la société japonaise. Le spectateur suit l’histoire d’un village en lutte contre une grande multinationale. En effet, celle-ci veut étendre son hégémonie en dévorant le milieu rural. La mise en scène appuie ce point en incrustant souvent dans ses plans des noms de grandes marques et des publicités. Les humains sont entourés par ces ennemis tentaculaires et sans âme.
La tension menace d’embraser les esprits. Ces sociétés poussent à la division, ainsi les villageois s’accusent de la mort de leur bétail. Lorsqu’on les appelle à s’unir, ils désignent un bouc émissaire : le maire. Pourtant, le vieil homme se torture pour protéger leur mode de vie.
Gyaos incarne ces grandes industries qui détruisent et polluent, ce n’est d’ailleurs pas pour rien s’il attaque avec une fumée acide qui ravage la nature et ronge la population.


Antithèse
Gyaos est l’antithèse de Gamera : l’un, né de la glace, protège le Japon. L’autre, issu des séismes, déchire la terre. Gamera s’attaque à la modernité, centrale, usines, tandis que Gyaos ravage la nature.
La créature incarne un vampire qui s’empare de l’énergie vitale du pays et de sa population. À l’image de cette créature, Gyaos arbore des ailes de chauve-souris, ainsi que la faiblesse face à la lumière. Cette opposition le rend redoutable, car ils sont les deux faces d’une pièce. Il faut le cœur pur d’un enfant pour donner l’avantage à Gamera.


La pureté de l’enfance
Tout comme dans le premier opus, le spectateur découvre les événements par le regard d’un jeune enfant. Celui-ci ne comprend pas tout, mais perçoit l’injustice et la violence des adultes. Au début du métrage, il est manipulé par un homme qui l’abandonne dans l’antre du monstre sans se retourner.
Eiichi fait découvrir Gyaos au spectateur, petit à petit, il se dévoile comme le monstre du placard, prêt à dévorer. En contraste, Gamera se présente comme une créature magique. La scène de vol depuis le dos de la tortue rend nostalgiques les amoureux de L’Histoire sans fin. Il y a quelque chose de féérique et onirique. Une impression accentuée dans la scène où Eiichi visualise sous l’eau Gamera guérir de ses blessures. Il l’implore de venir les aider. La foi d’Eiichi contamine Shiro (Kojiro Hongo).
Grâce à lui, les villageois, militaires et industriels s’unissent contre Gyaos. Avoir un ennemi commun permet d’oublier les soucis d’hier, mais ne garantit pas un avenir radieux pour autant.L’innocence enfantine disparaît au passage à l’âge adulte.

La bonne recette
Gamera contre Gyaos est une réussite tant visuelle que dans son propos. Le film impose ce qui deviendra la formule de la saga. Malgré une baisse de budget, les effets visuels restent magnifiques et efficaces. Le design de Gyaos en fait une créature de cauchemar qui reste dans les mémoires. Une très bonne façon de découvrir Gamera.
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Comme les précédents films, Roboto propose une version restaurée avec une attention particulière sur les couleurs et la lumière. Gamera contre Gyaos est accompagné d'un entretien avec Shinji Higuchi et Shunichi Ogura. On trouve également une présentation et une mise en contexte passionnante par Fabien Mauro. Les + La restauration Les - La restauration qui casse parfois la magie des Kaiju => Achetez chez notre partenaire Metaluna=> Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
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Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons :
=> Gamera contre Barugon – La rage de l’envie – 1966
=> Gamera (1965) L’ovni venu de l’Atlantide
=> Gamera 3 – La revanche d’Iris (1999) – Crise existentielle
Article rédigé par Faye Fanel
Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.











