Baba Yaga

Royaume-Unis - 2016 - Caradog W. James
Titres alternatifs : Don't Knock Twice
Interprètes : Katee Sackhoff, Lucy Boynton,

Jess est une sculptrice de renom qui semble comblée. Ses sculptures rencontrent un fort succès et sa vie amoureuse est paisible. Son époux, banquier, est un homme riche. Mais sa vie est incomplète. Il lui manque sa fille qu’elle a abandonnée plus jeune alors qu’elle luttait contre son addiction aux drogues. Aujourd’hui, sa vie est stable et l’administration lui autorise à avoir la garde de sa fille de 17 ans. Mais les choses ne vont pas être faciles pour Jess. Chloé est une adolescente en pleine rébellion qui en veut à sa mère de l’avoir abandonnée. Mais surtout, une entité maléfique poursuit l’adolescente. Chloé est convaincue qu’il s’agit de Baba Yaga, un démon slave qui s’en prend à toute personne ayant frappé à sa porte. Jess comprend assez vite qu’il s’agit d’une histoire plus trouble que cela lié à l’enfance de Chloé dans l’orphelinat où Jess l’avait laissée.

BABA YAGA est le troisième long métrage de Caradog W. James. LITTLE WHITE LIES, son premier film était une comédie contre le racisme, et THE MACHINE, un film de SF autour d’un androïde trop parfait. BABA YAGA surnommé DON’T KNOWK TWICE a été tourné à Cardiff, capitale du pays de Galles. Il existe un lien de parenté entre MAMA et BABA YAGA. Dans les deux films, la créature est interprétée par Javier Botet (qui joue également dans THE CONJURING). Jess est jouée par l’incroyable Katee Sackhoff qui jouait Starbuck dans la nouvelle version de BATTLESTAR GALACTICA. Le film repose de beaucoup sur ses épaules d’ailleurs. La jeune Chloé est interprétée par Lucy Boynton qui jouait une jeune ingénue possédée dans FEBUARY (diffusé au festival de Gérardmer) et la muse d’un groupe de pop rock à Dublin dans SING STREET (grand prix au festival du film britannique de Dinard). On retrouve la séduisante Pooneh Hajimohammadi de THE MACHINE dans le rôle d’une amie pas si bienveillante.

Le film rappelle également CANDYMAN. Tout d’abord, l’héroïne est une femme forte, indépendante, qui ne croit pas au surnaturel mais qui s’y retrouve confronté. Ensuite, tout comme dans le film de Bernard Rose, un élément fantastique, propre aux contes de fées, est inséré dans un milieu urbain, ghettoïsé. Ici il s’agit d’un quartier défavorisé, on ignore exactement où d’ailleurs. Puisqu’en premier lieu, le film est anglais et les personnages parlent anglais. Mais la légende de Baba Yaga est slave, et l’opposition entre les bas-fonds d’une ville sale et la grande maison de la campagne fait penser plutôt à l’Europe de l’Est. Quoi qu’il en soit, le film se veut dans la droite lignée de l’excellent CANDYMAN.

Le scénario à tiroir fournit des pistes. Certaines s’avèrent fausses. Le spectateur n’en sait pas plus que son héroïne, et la mise en scène la pousse à faire toutes les déductions possibles et imaginables. Jess doutant de la véracité des propos du policier semblant très bien connaître sa fille, décide de mener seule l’enquête. Y compris quand la seule piste possible est celle d’envisager le surnaturel. Toute la partie enquête du film n’est pas la plus réussie. Le film s’emmêle dans son réseau de fausses pistes. Le film joue bien sûr sur nos attentes et les clichés mais ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Cela est dû aux multiples fausses pistes qui donnent l’impression que certains personnages ne sont là que pour perturber l’action et le spectateur. A la fin, le film tente un énième retournement de situation sensé clarifier l’ensemble du scénario, mais n’y parvient pas. Des parts d’ombres demeurent et l’ensemble ne paraît pas forcément cohérent.

La photographie est la grande réussite du film. La lumière notamment dans les séquences avec la créature, sont très réussies. Ainsi l’apparition de la créature dans la cuisine où soudainement une lumière rouge évoquant les films de Mario Bava entoure l’héroïne est assez remarquable plastiquement. Le réalisateur cherche à créer des scènes de terreur originales et le résultat est plutôt bon, voire expérimental. Chaque séquence avec le monstre est différente. On y retrouve ainsi une esthétique hyper soignée par moment, et à d’autres une mise en scène de la peur très moderne (évoquant THE CONJURING ou encore MAMA). Cela donne un ensemble un peu hétéroclite, mais l’originalité compense le manque d’harmonie.

On pourrait reprocher à BABA YAGA ses acteurs pas toujours à leur top niveau, ou encore de jouer un peu trop sur les clichés (l’adolescente rebelle, le policier méchant) mais le film reste dans l’ensemble une sympathique série B. BABA YAGA n’a pas connu de sortie en salle en France, et ne semble pas avoir fait non plus de passage dans les festivals dédié au genre.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà


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