Heartless

Angleterre - 2009 - Philip Ridley
Interprètes : Jim Sturgess, Clémence Poésy, Noel Clarke

Jamie, défiguré par une tache de naissance en forme de coeur, est passionné de photographie. Lors de l’une de ses déambulations nocturnes, il prend par hasard en photo un groupe de jeunes semant le chaos et la destruction dans la ville. À sa grande surprise, Jamie découvre que les malfrats n’ont rien d’humain mais sont en fait des démons. Ces derniers s’intéressent alors à notre héros et tuent sa mère pour le forcer à les rechercher.
Philip Ridley n’avait pas fait de films depuis 14 ans. Pour son retour, il s’intéresse à sa ville, Londres, s’inspirant des photographies qu’il a faites de son quartier – un quartier particulièrement dur – et de l’état dans lequel il était durant sa dépression.
Pour donner vie à ses personnages, il opte pour Jim Sturgess, vu entre autres dans le moyen LAS VEGAS 21 et de la ravissante Clémence Poésy, qui faisait chavirer le coeur de Colin Farrell dans l’excellent BON BAISER DE BRUGES. S’y trouvent aussi Noel Clarke, que l’on croise dans la série DOCTEUR WHO et Eddie Marsan, au générique de HANCOCK.
Ainsi donc, Jamie est un être discret et solitaire, sans aucun ami. Sa tache de naissance le relègue au rang de monstre, que les jeunes du quartier abreuvent d’insultes quand il les croise. Aussi, il déambule seul, tard le soir, photographiant sa ville qu’il ne comprend plus. Une ville envahie par la violence gratuite, une ville basculant dans le chaos.
Il vit avec sa mère et passe beaucoup de temps avec son frère, un photographe professionnel… Mais l’une de ses déambulations va lui faire comprendre que le chaos qui s’étend dans sa cité n’est pas le fait d’un simple gang. En effet, ce sont des créatures autrement plus dangereuses qui sont à l’œuvre, agissant pour répandre chaos et destruction. Une fois qu’il aura compris cela, il va commencer à perdre peu à peu pied. Il glisse doucement hors de la réalité, voyant des preuves de la présence de ces créatures comme Sam Neill voyait des symboles montrant la toute puissance de Sutter Cane dans L’ANTRE DE LA FOLIE.
L’ambiance est d’ailleurs le point fort du film. Mystérieuse et oppressante, elle sait distiller les indices et les mystères au bon moment. On ne s’ennuie pas une seconde, le dénouement prend tout son temps avant d’être révélé. En outre, les personnages sont attachants, et c’est avec plaisir que l’on se laisse entraîner avec le héros dans scénario qui prend parfois des allures de vigilante movie, en particulier quand la mère de Jamie est tuée par les monstres, ou encore quand l’histoire part dans une direction faustienne…
Le film n’est pas très original et ne surprendra pas… Les motivations des personnages sont prévisibles. Il est aisé d’anticiper les retournements de situation et la fin se devine à la moitié du film. Néanmoins, le métrage étant bien joué, bien écrit et bien filmé, ce n’est pas si dérangeant que cela et il n’est absolument pas difficile d’entrer dans l’univers du réalisateur. L’ambiance est à couper au couteau. Le film sait devenir sanglant à quelques rares moments, quand il le juge nécessaire. Bref, voici une bonne surprise qui, si elle ne révolutionne rien, permet de passer un vraiment très agréable moment.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse


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