I drink your blood

Etats-Unis - 1972 - David Durston
Interprètes : Baskhar, Janine Wong, Rhonda Fultz, George Patterson, Riley Mills...

Une bande de satanistes shootés débarque dans un village quasi désert, promis à la démolition. Ils perdront toute retenue après avoir consommé du sang de chien enragé.
I DRINK YOUR BLOOD… Quel beau titre pour un film de vampires ! L’œuvre mythique de David Durston n’appartient pourtant pas au genre.
Comme nombre de films des années 70, I DRINK YOUR BLOOD, présenté à l’époque en double programme avec I EAT YOUR SKIN, surfe sur la vague sataniste et hippie post-Charles Manson. Les hippies, ces « marginaux-drogués-adeptes de l’amour libre », ont toujours fait peur aux classes moyennes et aux bons bourgeois, comme tout ce qui est différent. Après le massacre de Beverly Hills et la mort de Sharon Tate, les hippies font encore plus peur. On croit, à tort, que les enfants-fleurs peuvent se transformer aussi en redoutables satanistes assassins. En fait, si Manson et sa « famille » en singeaient le look et vivaient aussi en communauté, ils n’avaient que peu de points communs fondamentaux avec les vrais hippies. Manson se prenait pour Jesus… et Hitler ! Il voulait déclencher l’apocalypse, le helter skelter, en créant des émeutes raciales. On est loin du « Faites l’amour, pas la guerre » et de l’engagement non violent des hippies. Charles Manson a lui-même inspiré pas mal de films comme I DRINK YOUR BLOOD (MANSON FAMILY, récemment). Impossible de ne pas penser à lui en voyant cette secte de hippies voués au Diable, un gourou à leur tête (une espèce de grotesque indien de western). David Durston s’empare du sujet pour mieux s’en éloigner, un peu comme l’a fait Roger Watkins avec l’autrement traumatisant LAST HOUSE ON DEAD END STREET.
Les hippies eux-mêmes, avec un point de vue plus généreux, ont inspiré récemment THE TRIPPER, un agréable slasher de David Arquette.
I DRINK YOUR BLOOD s’enfonce dans la dinguerie la plus totale avec ce sale gosse qui fait boire du sang de chien enragé aux hippies, à leur insu. Le cocktail, avec les drogues, achève de les transformer en fous dangereux qui courent partout, armes blanches à la main. Ils sont bientôt rejoints par les ouvriers de chantier lancés à leur poursuite. La rage se transmet par morsure. Impossible de ne pas penser à des zombies, tendance « infectés ». Des zombies rapides comme ceux de Danny Boyle… ou des dingues homicides comme ceux de LA NUIT DES FOUS, signé George Romero à la même époque.
Longtemps réputé gore, I DRINK YOUR BLOOD l’est fort peu. La violence y est relativement soft, sortie d’une petite décapitation, d’une main et d’un pied tranchés. Au début, on espère que le satanisme sera le vrai sujet du film. On y croit à la vision d’une cérémonie où un jeune est suspendu par des cordes, blessé, avec son sang qui gicle sur le visage des participants. Les jeunes tabassent et droguent un vieillard aussi, mais on n’y voit rien. On ne sait pas non plus ce qu’ils font au juste à la jeune fille qui tombe entre leurs mains au début. En ce qui concerne le satanisme, mieux vaut revoir LA PLUIE DU DIABLE.
A la fin on a droit à une lutte armée assez saignante entre deux enragés, et à une agression en masse de nos héros. C’est pas mal, assez rythmé. La fin alternative, loin du happy end voulu par la production, est classique, facile mais sympa. L’une de ces fameuses fins de film d’horreur où l’on s’aperçoit que rien n’est jamais fini, que l’horreur continue…
Culturellement, en ce qui concerne les vrais baba cools, mieux vaut se reporter à L’Aventure Hippie, un 10/18 cosigné par Jean –Pierre Bouyxou, bien connu des amateurs de bis.
Peace and love !


- Article rédigé par : Patryck Ficini
- Ses films préférés : Django, Keoma, Goldfinger, Frayeurs, L’Au-delà