Machete Kills

Machete doit cette fois combattre un fou furieux voulant détruire la terre. Encore une fois aidé de la terrible arme qui lui doit son surnom, et d’un certain nombre de jolies demoiselles, il va partir lutter contre les mécréants osant se mettre en travers de son chemin.

Robert Rodriguez a marqué les amateurs de westerns contemporains avec DESPERADO. Par la suite, il a découvert le plaisir des effets digitaux et, créant sa société, s’est mis à réaliser nombre de films utilisant très peu de décors réels et allant toujours plus loin dans le tout-CGI, certains métrages fonctionnant mieux que d’autre aux yeux du spectateur. Ce procédé lui permit aussi d’avoir des castings très prestigieux, car il pouvait s’adapter au planning de chacun, le réalisateur pouvant incruster dans la pellicule deux personnages dans la même scène, alors que cette dernière n’a pas été tournée au même moment pour chacun des protagonistes.
Le lancement du diptyque avec Quentin Tarantino lui fit découvrir les joies de la pellicule faussement abîmée, et certains procédés totalement grindhouse, comme la bobine manquante qui faisait qu’il manquait un bout du film. Tout cela le conduisit à réaliser MACHETE, d’abord comme une fausse bande-annonce intégrée au projet puis, face à l’engouement, à en faire un film à part entière, qui mettait pour la première fois Dany Trejo dans un premier rôle. Ce dernier reprenait en partie le personnage qu’il incarnait dans DESPERADO, mais Robert Rodriguez décida d’aller le plus loin possible dans le bis, jusqu’à en faire un pastiche régressif. Certes pas toujours réussi (Dany Trejo n’est pas un très bon acteur et n’a pas vraiment les épaules pour incarner un premier rôle), MACHETE premier du nom se révélait un plaisir régressif assez agréable à l’oeil, et voilà que le réalisateur nous livre sa suite.

Encore une fois, scénario et effets digitaux sont assez aléatoires, le réalisateur recherchant le plaisir immédiat du film et faisant fi de toute logique, de toute crédibilité, pour un amusement fou qu’on détestera ou adorera.
Débutant sur la bande-annonce concernant son éventuelle suite (qu’on ne peut qu’espérer, MACHETE KILLS AGAIN… IN SPACE ne pouvant que faire rêver), le métrage nous plonge dans cette histoire où Machete, après avoir vu mourir sa collège (la ravissante Jessica Alba, qu’on regrette de ne pas voir plus), s’en va arrêter un terroriste possédant une bombe nucléaire greffée sur le cœur. Mais cette histoire cache un complot plus terrible encore, que notre héros va s’attacher à déjouer. Amusant et complètement fou, MACHETE KILLS n’est pas parfait, loin s’en faut. Dans son envie de multiplier les guest, Robert Rodriguez ne leur laisse parfois pas le temps de s’affirmer (mention spéciale concernant le tueur sans visage qui, en quelques minutes, passe de Walton Goggins, Cuba Gooding Junior, Lady Gaga et Antonio Banderas). Cependant, certains se révèlent délicieux, comme Mel Gibson, parfait en fou furieux mégalo, ou Charlie Sheen en président des Etats-Unis. Le capital sexy de MACHETE KILLS est largement atteint, grâce à la présence délicieuse de Amber Heard ou encore de Michelle Rodriguez, qui reprend son rôle de MACHETE, premier du nom.
Le film ne restera sans doute pas dans les mémoires, son côté nanar volontaire le poussant dans des retranchements parfois un peu lourd, et le non-jeu de Dany Trejo n’aidant pas. Cependant, MACHETE KILLS reste un plaisir coupable dans la droite lignée de son prédécesseur qui assume ses scories et son côté un peu beauf jusqu’au bout. Ainsi, le film permet de passer un très bon moment.