Les enquêtes de Vera – Quatrième saison

Obsédée par son travail et guidée par ses propres démons, Vera Stanhope mène l’enquête, épaulée par son coéquipier le sergent Joe Ashworth.

LES ENQUÊTES DE VERA est une série britannique diffusée à partir de 2011 sur ITV. En France, on la retrouve sur France 3 le dimanche soir en prime time. La chaîne française est une habituée des séries anglaises, particulièrement sur ce créneau horaire. Précédemment on a pu y voir des série comme L’INSPECTEUR BARNABY, avec ses introductions empruntant au film d’horreur, ou encore LES ENQUÊTES DE MORSE qui jouait sur le côté rétro en nous plongeant dans les années 60. La qualité d’écriture de ces séries monte indéniablement en grade au fil des années, mais leur vraie force reste avant tout l’atmosphère.

Considérée comme le Colombo à l’anglaise, la série met en scène une inspectrice qui n’a rien de glamour. Femme ordinaire pas vraiment belle, Vera, avec ses cheveux courts et son éternel imperméable, est à l’opposé des personnages féminins qu’on peut trouver dans les séries américaines. Vera est plutôt un personnage entier qui par ses « love » (qu’on pourrait traduire par chéri) qu’elle lance volontiers à ses témoins comme à ses suspects, démontre un caractère parfois maternel autant dans le sens protecteur qu’autoritaire du terme. Campé par Brenda Blethyn, primée pour ses rôles dans SECRETS ET MENSONGES, LITTLE VOICE et SAVING GRACE, le personnage de Vera se révèle attachant au fil des épisodes et des enquêtes en dépit de son côté rude, parfois même dur qu’elle peut avoir.

Le fait est que la série cherche plutôt à se rapprocher du réel avec des protagonistes entiers, au caractère fort, souvent issus de milieux ruraux, populaires, et bien souvent des classes sociales pauvres de la société. À travers les portraits de personnages défaits, en fin de parcours, la série dessine une Angleterre loin du cliché qu’on peut en avoir. C’est une société qui apparaît nécrosée mais tentant malgré tout de s’auto-soigner.

Indéniablement l’atmosphère sombre de la série, aussi bien dans ses protagonistes (de l’ancienne patronne de pub devenue clocharde alcoolique au gamin battu qui veut juste qu’on croit en lui) que dans ses plans sur la campagne anglaise engloutie par la brume, noyée dans l’obscurité de lourds nuages, n’est pas sans rappeler celle de la série LES ENQUÊTES DE L’INSPECTEUR WALLANDER (l’adaptation de Kenneth Branagh pour la BBC, auréolée de bonnes critiques, qui est passée sur Arte). On y retrouve le même désespoir, la même noirceur dans la société, excepté que Vera continue d’espérer, de croire en une police non corrompue et en un avenir possible pour cette jeunesse désappointée cherchant des guides au milieu d’adultes ayant déjà abandonné.

De plus cette saison 4 est servie par une très belle image, les paysages anglais sont époustouflants et très cinématographiques, alors que pour la bande sonore la composition plante une atmosphère à la limite du thriller glaçant. Avec une mise en scène dynamique qui prend le temps de s’attarder sur les paysages pour devenir contemplative, la série anglaise se place dans la droite lignée de ces séries qui font aussi bien que le cinéma.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà