Prince Killian et le trésor des templiers

Espagne - 2011 - Antonio Hernandez
Titres alternatifs : El Capitán Trueno y el Santo Grial
Interprètes : Natasha Yarovenko, Sergio Peris-Mencheta, Manuel Martínez

Rattaché à la cour d’Espagne et sous les ordres du roi Richard, le prince Killian participe à la Guerre Sainte avec ses mercenaires. Alors que lui et sa troupe viennent de prendre une fortification non loin de St-Jean d’Acres, il découvre un vieux prisonnier allongé au fond d’une geôle. Ce dernier, voyant une marque de naissance énigmatique sur le cou de Killian, lui demande de prendre soin d’une sorte de gobelet rouillé et très sale et de le ramener en Espagne auprès d’un ordre sacré. Croyant d’abord à une sottise, Killian se rend vite compte qu’il s’agit du calice qui a contenu le sang du Christ. Le voilà donc reparti en Espagne pour découvrir qu’un conflit très grave est prêt à éclater pouvant mettre en péril l’ordre du monde. Une nouvelle lutte entre les forces du mal et du bien peut désormais s’engager.

PRINCE KILLIAN ET LE TRESOR DES TEMPLIERS est un titre qui cache un personnage très célèbre de la bande dessinée espagnole, le capitaine Trueno (el capitan Trueno), dont on voit des images dans le générique de fin de l’œuvre. Crée en 1956 par Victor Mora et Ambros, ce héros est aussi renommé dans son pays que l’est chez nous Astérix. Adapter ses aventures au cinéma n’a jamais été facile et si plusieurs projets ont été mis en place (dont un de Juan Piquer Simon), celui de Antonio Hernandez est le premier à se concrétiser. Réalisateur reconnu dans son pays, Hernandez a réalisé des séries télés et des longs-métrages, dont LES BORGIA (2006). Quand il se met à PRINCE KILLIAN, il a donc une certaine expérience du film en costumes.

Les premières images du film sont de bonne augure. Mouvements de caméra amples et format scope immergent dans les paysages du Moyen-Orient en plein XIIe siècle avec une facilité déconcertante. On se souvient alors de l’ambiance que dépeignait KINGDOM OF HEAVEN (2005) de Ridley Scott, dont on peut sentir ici un peu l’influence. Le travail sur les costumes d’époque et les intérieurs témoignent d’une richesse qui fait plaisir à voir. Exit les décors vides et le nombre extrêmement restreint de personnages sous prétexte que le film est fauché. Certes, l’histoire se resserre très vite sur une poignée de second rôles, mais, dans l’ensemble, le soin apporté au contenu de l’image est louable, ce qui n’était par exemple pas le cas d’un film comme DARK RELIC de Lorenzo Sena. Malheureusement. Tout cela laisse vite place à une histoire qui multiplie des péripéties très simples et pas très originales dans leur déroulement. On sent tout de suite que le film relève plus de la série b que de la grande fresque à la KINGDOM OF HEAVEN. Les moments les plus réjouissants sont aussi les plus décevants: montage moderne des scènes de bataille où la confusion prime sur la clarté.

De même, il est parfois un peu agaçant de constater que le réalisateur ne cherche pas à toucher un autre public que celui des enfants. Il y aurait pu avoir un autre niveau de lecture, de vrais partis pris, mais non. Tous les ingrédients du film d’aventure sont là (action, émotion et humour) et assez bien dosés à quelques scènes près. Les acteurs ne cabotinent pas trop alors que les caractéristiques de leurs personnages se prêtaient bien à des débordements comiques indigestes. L’esthétique d’ensemble du long métrage permet de belles ambiances et la fin, à ce titre, sort du lot en avançant un climax aux colorations sombres plutôt réussies.

En bref, il est difficile de considérer PRINCE KILLIAN comme une réelle réussite puisqu’il déçoit sur un certain nombre de points. C’est un film familial qui occupera les enfants (et les adultes encore enfants) adeptes de morceaux de bravoure et de chevalerie. Le genre de film qu’on aurait aimé à 10 ans pour la bonne humeur qu’il transmet et son ambiance de bande dessinée, mais qui aujourd’hui paraît un peu fade.


- Article rédigé par : Alexandre Thevenot


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